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Danser vers la santé

Le mouvement fait grand bruit au studio de danse-thérapie á Montréal

Par Jason Santerre

«Le mouvement ne ment jamais », raconte Martha Graham, reine du rythme et pionnière de la danse moderne. « Le mouvement est un baromètre qui indique les états d’âme à tous ceux capables de le lire. »

« Et ce qui est bon pour l’âme est aussi bon pour le corps et l’esprit », affirme le Dr Louis Bherer, directeur scientifique du Centre PERFORM, une clinique de recherche à l’Université de Concordia affiliée au nouveau Centre national de danse-thérapie créé par les Grands Ballets Canadiens de Montréal. « L’exercice physique, comme la danse, améliore la santé autant physique que mentale », ajoute le Dr Bherer.

Le meilleur endroit pour observer cette affirmation est le studio de danse converti en centre de thérapie situé au 4816, rue Rivard à Montréal. Depuis sa fondation en 1957, les Grands Ballets ont fait pirouettes et arabesques pour se hisser au premier rang des innovateurs en matière de danse. Grâce à cette mission — de repousser les limites — un centre national de danse-thérapie a vu le jour. « Nous nous sommes posé la question : comment pouvons-nous avoir un impact? », raconte le directeur général des Grands Ballets, Alain Dancyger. « Une idée faisant l’unanimité était d’aller au-delà de la performance et de s’intéresser au côté thérapeutique de la danse », poursuit M. Dancyger.

À la suite de la mise en marche du projet, l’équipe de M. Dancyger fut surprise de constater à quel point leur idée était unique. Jusqu’à maintenant, le Centre national de danse-thérapie est le premier concept en son genre qui réunit la thérapie par la danse et le mouvement, la recherche clinique et le premier programme de formation en danse-thérapie au Canada. Pourquoi avoir attendu? « Eh bien, probablement que personne ne voyait un bon plan d’affaires », raconte M. Dancyger, soulignant que les opinions ont changé depuis que certains représentants de la Hollande, de la Croatie et de la Turquie ont démontré de l’intérêt concernant les conditions d’ouverture d’un tel centre.

« Le Centre national de danse-thérapie rehausse notre image publique et transmet notre vision élargie, c’est-à-dire que la danse favorise notre bien-être et par conséquent, qu’elle va au-delà de la culture », mentionne M. Dancyger. Après tout, la danse-thérapie est plus qu’un simple pas de danse. Les thérapeutes possèdent une panoplie d’exercices créatifs et d’accessoires pour stimuler le corps, les sens et l’émotion.

Il existe très peu de thérapeutes par la danse au Canada et ils sont tous formés aux États-Unis par l’American Dance Therapy Association. Cela est sur le point de changer. Les organisateurs au Centre de danse-thérapie sont en pourparlers avec l’Université McGill, le programme Art Therapy de Concordia et le département de danse de l’UQAM afin d’établir un programme de maîtrise en danse-thérapie.

Le premier projet pilote du Centre, entrepris en collaboration avec l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) et le centre PERFORM de l’Université Concordia, s’adresse aux aînés. Il vise les patients atteints de la maladie de Parkinson, d’Alzheimer ou d’autres maladies neurologiques. « Le projet compte environ 300 patients qui, pour de nombreuses raisons, ne répondent pas à l’exercice », explique M. Dancyger, qui espère que le projet aidera à déterminer si la danse-thérapie peut soulager la douleur physique et réduire les effets du vieillissement. Avec une telle nouvelle, toutes les raisons sont bonnes pour taper du pied, et ce, à n’importe quel âge.

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