Science fiction guesses at the inexplicable, and people are always interested in guessing at what the future holds.

Si le monde entier est un théâtre

William shatner va là où peu d’hommes sont allés

Par Jason Santerre

Le monde entier est un théâtre, et tous les hommes et les femmes sont seulement des acteurs. Ils ont leurs entrées et leurs sorties, et un homme dans le cours de sa vie joue différents rôles. . .

Le résumé habile de Willie Shakespeare sur l’expérience humaine peut facilement décrire un joueur en particulier, le seul et l’unique William Shatner, un Montréalais de souche. En 84 ans passés dans cet immense théâtre bleu orbital, où nous avons tous fait notre entrée et ferons tous notre sortie un jour, M. Shatner a joué plus de rôles que la plupart d’entre nous. Il a commencé tôt. Le 22 mars 1931, pour être précis. « Je performais dès mon plus jeune âge », dit-il. « J’étais un chevalier qui défendait son château sur les bancs de neige de la rue Terrebonne dans NDG, où j’ai eu plusieurs aventures. »

Et tous les aventuriers ont besoin d’un cheval. « En me baladant dans l’ouest de la ville, je suis tombé sur un champ avec des chevaux. J’étais subjugué. Bien sûr, je n’avais pas les moyens d’en acheter un, mais le propriétaire de l’écurie m’a dit que si j’aidais à nettoyer les stalles, il me laisserait monter. »

C’est ainsi que s'amorça l’histoire d’amour de M. Shatner avec le monde équestre. « Il y a trente ans, j’assistais au Hollywood Charity Horse Show. Il y avait un garçon qui avait été affecté par le thalidomide. Il avait seulement une jambe, mais il tenait les rênes avec ses orteils et il s’amusait comme un fou. Ça m’a beaucoup ému. Lorsque les organisateurs ne furent plus en mesure de continuer avec le spectacle, j’ai pris la relève. »

Des bancs de neige de NDG aux montagnes d’Hollywood, la route peut sembler longue, et elle l’est. Le synchronisme est crucial, surtout à Tinseltown. En 1966, trois ans avant que les humains ne posent les pieds sur la lune, le jeune Bill Shatner posait les pieds sur un plateau qui changera le cours de sa vie. Le Capitaine James T. Kirk, du USS Enterprise, transporta le voyage dans l’espace jusqu’aux salons d’Amérique du Nord et se hissa une place au panthéon de la culture populaire à tout jamais.

Cette année marque le 50e anniversaire de Star Trek. « Les gens raffolent de la série, car ils peuvent s’y reconnaître », raconte M. Shatner aujourd’hui. « Je crois que c’est la mythologie, celle qui cherche à expliquer l’inexplicable. La science-fiction tente de deviner, et les gens sont toujours intéressés par ce que réserve le futur. »

Malgré le succès de la série, M. Shatner avait hâte de se distancer de la franchise Star Trek et de démontrer ses talents de comédien. Il joua dans le drame policier T.J. Hooker et dans la première série basée sur la réalité, Rescue 911. Sa contribution au petit écran fut enrichie grâce au personnage grossier, mais parfaitement farfelu, de Denny Crane dans The Practice, un rôle qu’il reprit dans Boston Legal. Il fut le premier acteur à gagner un Emmy pour le même personnage dans deux émissions différentes. Mets ça dans ta pipe, Johnny Depp.

Qui de mieux pour s’adresser à la promotion de 2011 à McGill, son alma mater, que le Montréalais qui évita intentionnellement les chemins les plus faciles? « N’ayez pas peur de tenter votre chance et d’échouer sur les chemins les moins fréquentés », raconta M. Shatner aux nouveaux diplômés. « N’ayez pas peur d’avoir l’air con. Je le fais constamment et regardez ce que j’ai. »

Prenez simplement la collection éclectique de reprises qu’il a enregistrée sur l’album Seeking Major Tom. Il a définitivement fait froncer quelques sourcils. La liste de chansons comprend, entre autres, Iron Man de Black Sabbath. Le guitariste hard rock Zakk Wylde figure sur la chanson, ce qui a permis à M. Shatner de gagner un prix Headbanger décerné par le Revolver Magazine. « Je ne plaisante pas », dit-il lors d’une entrevue pour le Canadiens.com. « J’essayais de faire du heavy métal avec Zakk Wylde. C’est un très bel honneur de pouvoir faire ça. » Qui a dit que l’homme se prenait au sérieux?

De plus, en 2011, M. Shatner s’est envolé vers l’Australie pour lancer son spectacle solo Shatner’ s World. Le succès de la vente de billets lui a permis de revamper le spectacle et de le présenter à nouveau en Australie quatre ans plus tard. Il venait tout juste de revenir de Sydney lorsqu’il nous a accordé cette entrevue, et nous lui avons demandé : « Comment vous sentez-vous? »

« Avec des gens qui applaudissent debout tous les soirs? Enfin, qu’est-ce qui pourrait vous faire sentir mieux? Après deux heures de moi, seul sur une scène à courir, sauter et crier, eh bien, c’est un bon exercice. »

Est-ce que vous recommandez à tous ceux qui approchent 85 ans de faire un spectacle solo? « Chaque soir est un excellent exercice d’agilité et de dextérité, et ce, malgré l’arthrite et deux remplacements de hanche. »

Comment est-ce possible d’avoir le double de l’énergie d’un homme deux fois plus jeune? « C’est drôle. Lorsque j’étais en tournée en Australie, un homme m’a approché et m’a dit “Tu parais bien pour un vieil homme”. J’ai pris son compliment comme une insulte, mais quand je pense à 85 avec étonnement, je me dis, comment ai-je fait pour me rendre jusqu’ici? Comment ai-je réussi? La bonne nouvelle est que je me sens comme à 30 ans. »

Est-ce qu’avoir 85 ans est une étape marquante? « C’est un boulet en fait, que je traîne à mes pieds. Je veux dire, 85! C’est l’âge d’un vieil homme. »

Qu’est-ce qui vous garde motivé? « La peur. »

Pensez-vous parfois à vous retirer? « Je ne joue pas au golf. Je n’ai jamais eu le temps d’apprendre. »

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Sabrina Jonas Le billet de la rédactrice associée

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