Dormez-vous?

Par Ian Orti

Les chanceux y consacrent le tiers de leur vie. Le sommeil accentue la croissance et la régénération du système immunitaire, du squelette et des systèmes nerveux et musculaire. Même quand on songe à tout ce qu’on pourrait faire si on n’avait pas à dormir chaque nuit, on est content de se glisser sous la couette, le soir venu, et on a parfois du mal à se lever. Néanmoins, presqu’un quart des Canadiens de plus de 15 ans souffrent d’insomnie.

Qu’est-ce que l’insomnie?

L’Insomnie peut prendre diverses formes : incapacité de s’endormir, réveil hâtif, fatigue au réveil. Quand on pense aux dyssomnies, aux parasomnies et aux nombreux troubles du sommeil qui y sont reliés, dont la somniphobie (peur de dormir), il est étonnant que l’on parvienne à dormir.

Pour Sue*, « l’insomnie chronique est invalidante. Elle poursuit : « J’ai du mal à me concentrer et à réaliser un travail créatif et intellectuel, en partie parce que je suis incapable de fonctionner comme je l’aimerais, en partie parce que je redoute d’autres problèmes. Si je suis fatiguée, je suis forcée de mettre les bouchées doubles à cause de mon travail, mon taux d’adrénaline augmente et j’ai beaucoup de difficulté à dormir. »

Élizabeth* ressent le même malaise. « Si je passe une nuit sans sommeil, le lendemain je fonctionne au ralenti, dans un étroit corridor sans soubresauts et sans nuances. Les effets négatifs de mon insomnie affectent tout ce que je fais, que ce soit les soins personnels ou l’efficacité au travail. »

Les moutons et les somnifères

L’an dernier, les Américains ont dépensé plus de 4,5 milliards de dollars en somnifères, dans l’espoir de passer une bonne nuit. Cependant, un article du New York Times, publié en 2007, a révélé que comparativement aux placebos, les somnifères n’ajoutent que 11, 4 minutes au sommeil.

Le Dr Henry Olders, professeur adjoint à la Faculté de médicine de McGill, insiste davantage sur les habitudes de vie. « Les médicaments sont beaucoup moins efficaces que les changements de comportement, particulièrement à long terme. » Ce type de changement contribue à garder une bonne hygiène du sommeil; par exemple une simple modification de l’aménagement de la chambre à coucher.

La fatigue vous accable

« La chambre ne doit être ni trop chaude, ni trop froide, calme et sombre et sans télé. Il faut aussi bien contrôler la lumière de manière à maintenir le rythme circadien; la lumière doit apparaître vers la même heure tous les matins. La meilleure solution est de dormir à la lumière du jour de manière que l’on sente une augmentation graduelle de la lumière de l’aube. L’idéal est d’avoir de larges fenêtres recouvertes d’une draperie ou d’un rideau qui laisse passer beaucoup de lumière tout en assurant une certaine intimité. Il faut aussi éviter d’allumer une lumière brillante durant la période de sommeil. »

Avec la vie active qui gruge le temps et la frénésie de la vie urbaine, il devient de plus en plus difficile de profiter d’une bonne nuit de sommeil. Pourtant, il s’agit d’une nécessité essentielle à la survie. Une bonne nuit permet de recharger les batteries, elle prévient les maladies et les blessures et joue un rôle important dans la santé mentale. Alors, pourquoi ne pas réduire l’éclairage et dormir ?

www.sleepfoundation.org

* Noms fictifs.

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