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La célèbre famille Subban

En dépit des prix et des récompenses, P.K. demeure ancré dans les valeurs familiales

Par Jason Santerre

Les Québécois sont fanatiques de hockey et nul n’est besoin d’en rajouter pour les convaincre que c’est un sport spécial. Leur amour pour le jeu dépasse cette sublime combinaison de finesse, de courage et de 82 parties qui n’en finissent plus. C’est une question de sang et de liens qui rapprochent. Hors de la patinoire et dans les coulisses, le hockey est ancré dans la famille. En tenant compte du covoiturage, des ventes de pâtisseries, de l’entraînement des peewees ou tout simplement du fait d’arracher les enfants du lit pour s’entraîner avant l’aube, il faut reconnaître que la plupart des patineurs professionnels doivent leur carrière à papa et maman et aux sacrifices qu’ils ont consentis.

« Cela représente énormément de travail pour eux », dit P.K. Subban. « Les mamans dont les enfants jouent au hockey sont connues pour tirer leurs enfants du lit à cinq heures du matin pour s’entraîner sur des patinoires gelées et délabrées. » Pernell Karl Subban se souvient de ce temps avec nostalgie. Il affirme que tous ces déplacements aux tournois et aux camps de hockey ont été l’occasion pour toute la famille de se rapprocher et passer du bon temps ensemble. Puis le grand succès est arrivé, le genre de succès que même le plus simple admirateur des Canadiens de Montréal connaît bien.

À seulement 24 ans, P.K. a joué plus de 200 parties durant la saison régulière en accumulant 32 buts et 82 passes en cours de route. Connu pour sa confiance (des joueurs moins bienveillants pourraient parler d’impudence), un lancer frappé foudroyant et la volonté de porter la rondelle de bout en bout de la patinoire avec panache, P.K. a ajouté le trophée Norris à son palmarès, en remportant la saison dernière le prix du meilleur défenseur. Pourtant, en se rappelant ses débuts, P.K. déclare qu’il n’y a jamais eu de pression pour accéder à la LNH. « Honnêtement, on n’en a jamais parlé », dit-il. « Mes parents étaient tout simplement heureux de voir leur fils faire ce qu’il aimait. »

Le père de P.K., Karl Subban, a récemment pris sa retraite après une carrière de 30 ans comme directeur dans le système scolaire de Toronto. « Le fait d’avoir travaillé avec des enfants toute sa vie l’a certainement aidé à nous garder tous dans la bonne voie », explique le jeune Subban. Mais peu importe la formule utilisée par son père, il faut reconnaître que c’est la bonne. Malcom, un gardien de but talentueux, a été choisi au repêchage de la LNH en 2012, et un an plus tard, Jordan, un défenseur, a été repêché par les Canucks de Vancouver.

« Nous devons beaucoup à nos parents », dit P.K., en parlant de ses frères et de ses deux soeurs, Nastassia et Natasha, qui ont toutes deux joué au basketball universitaire et sont devenues enseignantes, à la grande joie de leur père. Il ne fait aucun doute que Karl Subban est fier de ses cinq enfants et de ce qu’ils ont accompli à travers le sport, mais après avoir travaillé pendant des années dans le domaine de l’éducation, ce dont il est le plus fier est la volonté de ses enfants de donner en retour.

C’est alors que le programme Les Jeunes Espoirs du Hockey Hyundai entre en scène. Cette initiative permet chaque année à au moins 1 000 enfants de participer au hockey organisé. En partenariat avec SportJeunesse, un organisme national sans but lucratif, le programme, Les Jeunes Espoirs du Hockey Hyundai, apporte une aide financière aux enfants pour leur permettre de couvrir les coûts liés aux frais d’inscription et à l’achat d’équipement. Comme le savent tous les parents d’enfants qui jouent au hockey, c’est un sport qui coûte plus cher que d’autres sports tels que le soccer ou même le softball. L’année dernière, 1 800 enfants ont profité du programme à travers le Canada, 339 d’entre eux au Québec.

« Ce programme a connu à ce jour un énorme succès », déclare P.K., ambassadeur pour Les Jeunes Espoirs du Hockey Hyundai. « Nous sommes très heureux d’avoir pu aider un si grand nombre d’enfants. Si nous pouvions garder les enfants actifs et les aider à acquérir les compétences de base, tout le monde serait gagnant ». P.K. affirme que le programme lui permet non seulement de donner en retour, mais aussi de détourner l’attention de son statut de célébrité. « Pour une fois, il ne s’agit pas seulement de moi et c’est vraiment rafraîchissant surtout pour quelqu’un qui se trouve tout le temps sous les feux des projecteurs ».

Entre les réunions, les demandes d’entrevue, les événements caritatifs et sa préparation pour l’ouverture de la période d’entraînement des Canadiens, il ne fait aucun doute que P.K. est à la fois une vedette et un homme en demande. Quant aux feux des projecteurs, il réalise qu’une pression supplémentaire s’exerce non seulement sur l’équipe qui commence une nouvelle saison, mais aussi sur le gagnant du trophée Norris qui va devoir prouver que cette récompense n’est pas le fruit du hasard.

« C’est pourquoi le hockey à Montréal est formidable », dit celui qui a toujours été un partisan de Montréal à Toronto, un environnement qui n’est pas considéré comme très amical. « Si nous commençons la saison avec cinq victoires et aucune défaite, c’est comme si nous avons déjà gagné la coupe. Si c’est cinq défaites et aucune victoire, alors tout le monde commence à parler d’échange de joueurs! Mais c’est Montréal », dit-il en riant. « Le hockey est ici une religion, et c’est ce qui en fait un endroit si spécial pour jouer au hockey. »

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