Reine des pentes

Dominique Maltail vise l’or à Sochi

Par Jason Santerre

Le snowboard cross, ou SBX pour les intimes, a fait son apparition aux Jeux olympiques de Turin en 2006. Pour les non-initiés, le SBX ressemble à une course suicidaire. Pour les meilleurs planchistes du monde, c’est une lutte contre la gravité pour l’emporter non seulement sur l’adversaire, mais sur les éléments; unedémonstration de dextérité et de grâce en dévalant une pente spécialement conçue avec des courbes, virages et sauts sur un terrain modifié.

En février prochain, ce dit terrain s’étendra jusqu’aux pentes de Sotchi, en Russie, où tous les yeux, du moins de notre côté du Canada, seront tournés vers Dominique Maltais, championne en titre de la Coupe du monde et médaillée de bronze aux Jeux de 2006.

Mme Maltais n’a pas eu de difficulté à vaincre ses peurs. S’avouant tomboy, celle qui est native de Petite-Rivière-Saint-François skiait au Massif avant même que la plupart des enfants montent sur une bicyclette. « Dès que j’ai vu des snowboarders, je savais que c’était pour moi », raconte-t-elle aujourd’hui. « Je regardais des films de snowboard et lisais des magazines de snowboard — j’étais accro. J’imagine que je suis simplement attirée par les choses extrêmes. » Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que lorsqu’elle ne s’entraîne pas pour les Olympiques, elle combat les flammes au sein du Service de sécurité incendie de Montréal.

Un désir de sensations fortes, construit sur une base solide de discipline, de force physique et de prouesse mentale, l’a propulsée de sportive du dimanche au statut d’athlète olympique. Sotchi représentant ses troisièmes Jeux, elle affirme qu’elle sera mieux préparée mentalement. « Savoir comment m’entraîner pour chaque chose spécifique fait maintenant partie de ma préparation », dit-elle, admettant que la victoire c’est 80 pour cent de préparation.

Imaginez la difficulté de se préparer convenablement lorsque non seulement votre régime est un problème, mais également tout ce que vous mangez. À peine deux mois avant les Olympiques de Vancouver en 2010, Mme Maltais était dévastée d’apprendre qu’elle était atteinte de la maladie coeliaque. Le système digestif des personnes souffrant de cette maladie réagit de façon négative au gluten et avec le temps, les dommages à la paroi de l’intestin grêle réduisent la capacité d’absorption des nutriments. Pour une athlète olympique, c’est un coup dur.

Munie d’une ténacité exemplaire, Dominique Maltais s’est servie du diagnostic pour s’offrir un changement de régime complet et ainsi se propulser au niveau suivant. « J’ai fait les ajustements nécessaires et maintenant, je lis toujours les ingrédients. Je m’assure également d’avoir un maximum de nutrition dans chaque bouchée. »

Le diagnostic fut peut-être un mal pour un bien. Non seulement elle mange plus santé, elle dit également avoir plus d’énergie, ce qui rapporte beaucoup dans un gym. « Je soulève plus de poids que jamais. Mon entraînement est plus long et plus intense. Avant, je devais dormir après les repas. Plus maintenant. »

Durant les trois saisons depuis Vancouver, l’athlète a personnalisé son régime et perfectionné son entraînement afin d’améliorer ses départs, sa vitesse et sa technique en général. Jusqu’à maintenant, elle a goûté au succès, en remportant deux médailles au Championnat du monde et un troisième Globe de cristal consécutif en tant que championne de la Coupe du monde de snowboard cross. Le monde sera au rendez-vous en février.

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