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« Roadrunner » poursuit sa lancée!

39 ans après sa retraite, Yvan Cournoyer porte toujours le CH dans son coeur

Par Jason Santerre

Les roadrunners ne volent pas. L'oiseau court plutôt à une vitesse de 35 km/h pour échapper à ses prédateurs dans les déserts de la Californie. La route est longue entre le désert de Mojave et Montréal, mais pendant 16 années, les amateurs de hockey ont observé un roadrunner bien de chez nous se faufiler à travers les défenseurs sur la glace du Forum. En effet, peu de joueurs avaient le pouvoir de faire lever la foule comme Yvan « Roadrunner » Cournoyer.

Avec sa ténacité, son puissant lancer et sa vitesse inégalée, il a amassé 428 buts et 435 passes tout au long de sa carrière qui le mena au Temple de la renommée du hockey. D’ailleurs, les Canadiens ont hissé le chandail numéro 12 de Dickie Moore et de M. Cournoyer au-dessus de la patinoire du Centre Bell le 12 novembre 2005.

« J’ai remporté la coupe Stanley dès ma première année (1963) avec les Canadiens », se rappelle M. Cournoyer. « J’ai toujours rêvé de jouer pour l’équipe, alors la coupe Stanley que j’ai remportée la première année est la plus spéciale pour moi. » Il a par la suite remporté neuf coupes jusqu’en 1979, lorsque la paternité et un dos blessé l’ont forcé à prendre sa retraite.

La retraite peut causer chez certaines personnes un choc sur le système, et ce choc peut être bien pire pour les athlètes professionnels. Lors d'une entrevue accordée au Huffington Post, le psychologue Daniel Levinson affirmait qu'après avoir investi autant d'années dans la compétition intense, elle devient une partie intégrante de soi. « C'est comme si l'entraînement, la compétition et leur identité devenaient inextricables, » explique Levinson. « Pour cette raison, lâcher prise peut avoir des conséquences dévastatrices. »

Pour M. Cournoyer, la clé pour réussir sa retraite est de donner et de bouger. « C’est important pour moi de rester actif, particulièrement à mon âge (74) », dit-il, ajoutant qu’il garde un horaire de travail chargé pour conserver une bonne santé mentale. La majeure partie de cet horaire concerne d’ailleurs les Canadiens.

« Ma relation avec l'équipe a commencé quand j'avais 16 ans, et je représente encore l'organisation en tant qu'un des ambassadeurs, que ce soit en organisant une partie de hockey avec des dignitaires ou en participant à un tournoi de golf, à des événements de bienfaisance, des cérémonies d'ouverture, etc. Physiquement, je suis limité à certains exercices en raison de mes multiples chirurgies, mais je me fais un devoir de m'entraîner au moins cinq fois par semaine. »

Bien avant qu'il devienne le « Roadrunner », M. Cournoyer était un enfant comme les autres alors qu'il grandissait à Québec durant les années 1950 en rêvant de porter la sainte flanelle. Né à Drummondville en 1943, le jeune Cournoyer aimait tellement le hockey qu'il s'est fait engager à la patinoire locale juste pour avoir le temps de glace qu'il désirait.

Mais même toute la pratique du monde n'aurait pu faire grandir le jeune Cournoyer. À cinq pieds, sept pouces, il était considéré comme petit. Mais la passion l'emporte sur la taille sur la patinoire. « Je dis toujours aux jeunes garçons et jeunes filles, si vous avez le désir de jouer et le talent nécessaire, la taille importe peu. Henri Richard et moi en sommes deux excellents exemples », dit-il.

Ce n'est donc pas étonnant qu'il soit élu capitaine des Canadiens avant la saison de 1975 lors d'un vote à l'unanimité de ses coéquipiers. « Ce fut un grand honneur », dit-il. « En tant que capitaine, j'ai joué plus fort que jamais dans ma vie », disait-il lors d'une entrevue accordée à l'occasion de la soirée de son intronisation au Temple de la renommée.

M. Cournoyer dit qu'il a beaucoup appris de son confrère natif de Drummondville et colocataire sur la route, Jean Béliveau. « À part se coucher tôt (M. Béliveau était son aîné de 13 ans), il m'a enseigné le véritable amour du jeu et de ses coéquipiers. Il disait qu'un bon capitaine est toujours prêt à aider l'équipe, tant sur la glace qu'à l'extérieur. Vous êtes là pour régler les problèmes et garder tout le monde uni. Le respect est très important. »

En 1972, le temps était venu pour le monde du hockey, et pas seulement Montréal, de respecter le « Roadrunner ». M. Cournoyer a pu faire valoir son leadership et son talent lors de la Série du siècle de 1972, qui demeure sans doute les huit meilleures parties de hockey jamais disputées, avec la Guerre froide en toile de fond.

« Marquer ce but égalisateur (lors de la rencontre décisive contre l’URSS) nous a donné la chance de gagner la partie et la série », dit-il, en repensant à la troisième période, un match nul, avec seulement 34 secondes à jouer. « Le but de Paul Henderson m’a donné un moment de grand soulagement et d’excitation en même temps. Il m’a sauté dans les bras, et tout ce que je pouvais dire c’est “On a réussi! On a réussi!”, et 45 ans plus tard, les gens parlent encore de ce but. Ce fut un moment tellement historique pour le Canada. »

Pas étonnant que M. Cournoyer admette que ce qui lui manque le plus est « l’adrénaline du jeu ». Et toute personne assez âgée pour se souvenir de la dynastie des années 1970 dira assurément qu’elle s’ennuie d’un compétiteur comme Cournoyer. « Sans aucun doute, Montréal a toujours eu et aura toujours une véritable passion pour le hockey », dit-il. « Les attentes élevées des fans pour gagner la coupe Stanley chaque année m’ont donné la pression et la détermination de travailler fort et atteindre ce but… 16 années et 10 coupes Stanley plus tard, merci Montréal! »

 

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