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L'obésité génétique

Quand l'obésité est inscrite dans votre ADN, il est difficile de l'éviter

Par Robert Beauchamps

L’obésité infantile. Le problème est grave quand l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) déclare une épidémie. Quel dommage que leur « Stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé » ne se soit jamais concrétisée. Le seul changement au cours de la décennie qui suivit l’implantation de cette stratégie est que la situation s’est empirée.

Selon la Childhood Obesity Foundation (COF), plus de 40 millions d’enfants souffrent d’un surplus de poids ou sont obèses. Si les choses ne changent pas, ce nombre pourrait atteindre 70 millions d’ici 2025. Quel est l’enjeu ? L’espérance de vie et la santé générale des générations futures, sans oublier le fardeau sur notre système de santé qui, aux dernières nouvelles, coûte aux Canadiens près de 6 milliards de dollars.

Encore plus troublant est le fait que certaines études démontrent que la majorité des adolescents ne surmonte jamais ce problème. En fait, plusieurs continuent de prendre du poids durant l’adolescence. « J’ai essayé tous les régimes jamais inventés », explique Mitchell Friedman, un étudiant de 21 ans qui se rappelle son adolescence. « J’étais le gamin gras typique. Plus on me taquinait, plus je me retirais, sans ne jamais bouger un muscle, ce qui ne m’a pas aidé. »

Le jeune M. Friedman raconte qu’il a fallu la mort de son oncle favori pour le réveiller et le pousser à changer ses habitudes. « Mon oncle n’avait que 58 ans quand il est mort d’une insuffisance cardiaque. Il a lutté contre son poids toute sa vie. Sa mort m’a brisé le coeur, mais d’un autre côté, c’était le signal d’alarme dont j’avais besoin. Je crois qu’il serait fier de voir le progrès que j’ai fait. »

Refusant d’être une autre statistique, M. Friedman a utilisé sa tristesse comme carburant. Il a fallu un an, mais il a tranquillement constaté que les résultats positifs s’accumulaient à mesure qu’il perdait du poids et qu’il continuait sa routine.

Lors d’une entrevue avec le Canadian Obesity Network, le Dr Arya M. Sharma affirmait que les cas comme M. Friedman font exception à la règle. Il argumente que lorsqu’il est question d’obésité, la génétique joue un rôle plus important que plusieurs d’entre nous aimeraient admettre. « Ce n’est pas que les enfants minces [ne sont pas sédentaires], c’est simplement que les enfants génétiquement prédisposés à l’obésité sont bien plus susceptibles d’accumuler des livres lorsqu’ils passent des heures devant la télé que ceux qui sont génétiquement moins prédisposés à l’obésité. D’une perspective de prévention et de traitement, cela signifie que les enfants obèses devront travailler beaucoup plus fort pour changer leur style de vie. »

En tant que société, nous attribuons souvent l’obésité aux habitudes de vie malsaines, à la volonté et à la paresse. En vérité, les gens minces sont peut-être seulement plus chanceux génétiquement. Alors, comment faire pour cesser de ronchonner chaque fois que vous voyez vos « amis minces » manger des croustilles, alors que vous comptez chaque feuille de laitue, chaque fragment d’amandes?

« Il faudrait considérer ceci comme une bonne raison d’apprécier pleinement les enfants qui souffrent de surplus de poids et de leur montrer de l’empathie », affirme le Dr Sharma. « Certains devront travailler très fort pour contrôler leur poids, tandis que d’autres semblent avoir gagné la loterie en matière de génétique. »

 

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