Anne-Marie Withenshaw

Notre montréalaise par excellence

Par Jason Santerre

Anne-Marie Withenshaw adore la vie. La preuve réside dans son sourire légendaire. Et elle sourit beaucoup ces jours-ci, avec la naissance de sa deuxième fille, un mariage digne d’un magazine avec la personnalité télé, Jay Walker, et une carrière gratifiante. En effet, après plus de 20 ans à maîtriser les médias, elle peut dire qu’elle a tout vu, tout fait.

Mais cela ne veut pas dire qu’elle va ralentir. Mme Withenshaw a encore plusieurs tours dans son sac. Et c’est son amour pour Montréal qui nourrit sa passion, son éthique de travail. Parlant de nourrir, elle dit que la musique et la nourriture, que l’on retrouve en abondance dans notre ville, aident à la garder inspirée.

« La musique a occupé une grande place dans mon enfance », raconte Mme Withenshaw. « Mon père et mon grand-père étaient des musiciens professionnels. J’ai étudié la guitare, la chorale et le clavier au collège. Je crois que j’appréciais la musique plus que la moyenne des enfants. » En effet, à l’âge de 12 ans, elle était déjà la plus grande admiratrice des Doors. « J’étais vraiment une nerd à ce sujet. Je ne faisais pas qu’écouter la musique, je dévorais tous les livres jamais écrits sur le band. »

Et elle est gastronome de nature. Elle comprend évidemment l’importance nutritionnelle de la nourriture, mais elle apprécie également les implications sociales de prendre le temps de profiter d’un repas en famille ou avec des amis. « Un bon brunch devrait durer de 11 h à 16 h », affirme notre Montréalaise par excellence.

« Nous avons toujours vécu sur l’île, d’Anjou à Rosemont, jusque dans l’ouest », raconte Mme Withenshaw, en ajoutant que peu importe son adresse, elle adore la « vibe multiculturelle » et le fait de « pouvoir choisir entre l’anglais et le français ».

Qu’elle soit aux Grammys, à Cannes ou au Gemini Awards à Toronto, Mme Withenshaw est une digne ambassadrice de notre ville. « Pour moi, un Montréalais typique est ce que j’appelle un “ambitieux paresseux”, en d’autres mots, on aime rester occupé, mais on a besoin de temps pour relaxer. Quand je visite Toronto, tout le monde est tellement motivé. C’est go, go, go tout le temps. »

À la maison, la nourriture est synonyme de temps en famille. Avec quatre bouches à nourrir et un défilé constant d’invités, la « bonne bouffe » est au rendez-vous à chaque occasion. « Chaque fois que quelqu’un vient à la maison, “as-tu faim” est toujours la première question. » Beaucoup de ces visiteurs sont des amis proches et des collègues qu’elle a rencontrés durant ses années en tant que VJ à MusiquePlus.

À l’âge de 21 ans, alors qu’elle étudiait en journalisme et communications à Concordia, Mme Withenshaw a auditionné pour un poste à la chaîne musicale. C’était à l’aube d’un nouveau millénaire et elle était une jeune mordue de musique qui voulait faire ses preuves.

« Je me souviens que ma première grande entrevue était avec David Bowie. J’étais déjà une grande admiratrice, alors j’étais bien préparée. Je n’étais même pas nerveuse. J’ai toujours été comme ça. J’aime parler aux gens et apprendre à les connaître. Je suis plus nerveuse d’aller chez le dentiste. »

Elle se souvient de sa rencontre avec M. Bowie comme étant une entrevue extrêmement intelligente et confiante. « Il était au courant de tout », dit-elle. « Il a même prédit les réseaux sociaux et leur impact dans le futur. » En ce qui concerne son propre futur, MusiquePlus fut sa première grande percée dans les médias au Québec.

Après MusqiuePlus, elle a fait d’innombrables émissions de radio, une émission de nouvelles artistiques appelée Flash, le fameux Guide Resto Voir, C’est Juste de la TV et plus encore. 

Mme Withenshaw est maintenant une productrice sélectionnée aux prix Gémaux. Son travail de production sur Chuck’s Day Off porte ses fruits, grâce à ses talents et son bon ami, le célèbre chef, Chuck Hughes.

Est-ce que sa propre célébrité l’empêche de passer du temps en famille ou dans la ville qu’elle adore tant? « Si quelqu’un m’approche, ce sont généralement de jeunes filles et leurs mères. Je me sens très à l’aise avec elles. Elles me font toujours sentir comme une amie. »

Elle dit que sa fille de cinq ans n’est pas du tout impressionnée par sa prétendue célébrité. « Un grand nombre de nos amis sont dans l’industrie, alors elle croit que tout le monde a sa photo dans les magazines. » Cette attitude pragmatique contribue énormément à garder Mme Withenshaw et son mari les deux pieds sur terre, malgré le fait que leurs voix et leurs visages sont omniprésents sur les ondes québécoises.

Se concentrer sur la famille aide beaucoup. « Nous sommes très attentifs à la façon dont nous élevons nos enfants », dit-elle. « De nos jours, les parents doivent traverser tellement d’obstacles provenant des réseaux sociaux et de l’internet. Ça nous rend seulement plus ouverts et honnêtes avec nos enfants, et en retour, ils sont plus ouverts et honnêtes avec nous, du moins, on l’espère. »

Évidemment, le foyer Withenshaw-Walker convoite le temps familial. C’est un bien précieux, puisque les deux parents sont très occupés. C’est pourquoi l’heure des repas est primordiale. Les repas doivent être savoureux, nutritifs et ne doivent pas prendre trop temps.

Pas étonnant que la dernière aventure d’affaires de Mme Withenshaw implique GoodFood, une compagnie née de l’objectif d’inciter plus de gens à préparer des repas délicieux et sains à la maison. « J’aime bien les repas “Nutri15”. Les cuisses de poulet épicées à l’indienne et la truite miel et moutarde sont des repas faibles en glucides et riches en protéines avec une tonne de saveurs, et ils sont prêts en 30 minutes. Pour notre famille, ça nous permet d’économiser du temps et ça change tout », dit-elle. « Je n’ai jamais besoin de demander qu’est-ce qu’on mange pour souper. »

Le contrat de porte-parole pour GoodFood a permis à toute la famille de tourner une publicité ensemble. Très cool! Et avec les repas et la famille sous contrôle, Mme Withenshaw veut redonner à la communauté qui l’a nourrie grâce à un projet qui implique son premier amour, la musique.

« J’ai sauté une année quand j’étais jeune, alors j’ai commencé le secondaire à 11 ans, et je me souviens du sentiment d’être une ado bizarre et maladroite », dit-elle. « La musique m’a aidée à surmonter tellement de choses, alors aujourd’hui, avec la fondation Evenko, on encourage les enfants à rester à l’école grâce à des leçons gratuites de musique et des bourses. C’est incroyable de voir l’impact que l’art peut avoir sur la vie d’un jeune. »

Aujourd’hui, encore plus de jeunes ont la chance de grandir enrichis, et, un jour, de contribuer à notre belle ville. La recette n’est pas coulée dans le béton, mais peu importe ce qui caractérise un Montréalais, on peut présumer que c’est grâce à des gens comme Mme Withenshaw, qui prend toutes les bonnes choses que la ville a à offrir, les assaisonne à sa façon, puis les retourne encore plus grandes et plus fortes.

 

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