Une ferme sur le toit

Rencontre avec les jardiniers de terrasses sur le toit des fermes lufa

Par Jason Santerre

Les toits représentent environ 30 pour cent de la surface d’une ville et pourtant, selon un rapport publié par le Globe & Mail, moins de 10 pour cent des toits commerciaux au Canada peuvent supporter le poids d’une serre. C’est dommage, car de telles serres peuvent non seulement aider à nourrir la population en offrant des produits frais cultivés localement, mais elles procurent plusieurs avantages écologiques.

D’une part, un toit vert absorbe la chaleur tout en servant d’isolant contre les éléments, réduisant ainsi les besoins en énergie du bâtiment. En réduisant ces besoins en énergie, les toits verts réduisent la pollution de l’air et les émissions de gaz à effet de serre. D’autre part, toute cette végétation aide à éliminer et filtrer ces polluants et à réduire le ruissellement des eaux de pluie. Mieux encore, un jardin sur le toit joue le rôle de véritable oasis urbain pour plusieurs espèces d’oiseaux et de papillons.

Montréal, grâce aux Fermes Lufa, exploite au maximum l’espace disponible sur les toits. Il a fallu cinq ans à son fondateur Mohamed Hage pour trouver le bâtiment adéquat et convaincre la ville de la viabilité de son projet. Il a bien sûr investi une importante somme d’argent, mais cet investissement en argent et en efforts s’est avéré payant. Montréal enSanté a récemment rencontré les « pouces verts » des Fermes Lufa et s’est entretenu avec Lauren Rathmell, directrice générale de la serre et membre fondatrice de l’équipe.

MES : Commençons par les chiffres. Quelle est la taille d’une zone consacrée à la culture des légumes?

Lauren Rathmell : La superficie de notre premier site à Ahuntsic-Cartierville est de 2 880 mètres carrés. Celle de notre second site à Laval est de 4 000 mètres carrés.

MES : Combien de variétés y cultivez-vous?

LR : Nous cultivons 22 variétés de tomates, y compris les tomates ancestrales et d’autres spécialités. Nous offrons trois variétés d’aubergines, des concombres anglais et libanais, différents types de piments forts et doux et un certain nombre de laitues, y compris la bette à carde et les jeunes pousses. En tout et pour tout, nous cultivons environ 50 variétés différentes.

MES : Quelles sont vos favorites?

LR : J’aime les grosses tomates ancestrales pour leur goût et leur histoire. Nous cultivons actuellement la Mauve Cherokee, l’Allemande rayée et la Brandywine. Il existe une variété vraiment unique appelée Indigo Rose. Elle a été spécialement cultivée par l’Oregon State University pour sa teneur élevée en antioxydants. Elle possède une belle teinte violet foncé.

MES : Comment en êtes-vous venue à effectuer ce genre de travail?

LR : J’ai obtenu mon diplôme en biochimie de l’Université McGill à l’époque où Lufa était en phase de planification. J’ai commencé un projet sur le campus Macdonald de l’Université McGill en produisant dans des serres des cultures sur lesquelles sont effectués des tests d’évaluation du goût et de la nutrition. J’étais très excitée par ce projet. La science des plantes et l’agriculture durable m’intéressent au plus haut point et il m’était difficile de résister à l’aventure des Fermes Lufa.

MES : Qu’en est-il de vos collègues?

LR : En fait, nous n’avons pas beaucoup de membres de l’équipe qui possèdent de l’expérience en milieu agricole. En général, ce qui les attire chez Lufa est leur intérêt pour l’agriculture urbaine durable, le fait de rejoindre une entreprise innovante et les défis à relever.

MES : Espérez-vous le jour où la plupart des villes installeront sur les toits des jardins potagers?

LR : Oui! Une ville peut aisément profiter d’un approvisionnement autonome de produits frais. Il suffirait d’installer des jardins potagers sur les toits de seulement 15 centres commerciaux pour pouvoir nourrir la population de Montréal.

http://montreal.lufa.com

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