Le bon goût du succès

Sugar sammy fait le grand saut de la scène au petit écran

Par Jason Santerre

Vous ne connaissez probablement pas Samir Khullar. Mais si vous êtes né à Montréal dans les années 1970, vous avez beaucoup en commun avec M. Khullar. Premièrement, vous vous rappelez les deux dernières Coupe Stanley gagnées en 1986 et 1993 et de l’extraordinaire équipe des Expos de 1994. Vous n’oublierez jamais le référendum de 1995 et vous avez votre lot de blagues sur la corruption à la mairie et les nids-de-poule qui ressemblent à des cratères.

La plus grande différence entre vous et M. Khullar est que lorsque vous racontez une blague, vous n’êtes pas payé pour et les gens ne se roulent pas par terre. En fait, Samir Khullar bat des records au box-office pour son spectacle d’humour intitulé You’re Gonna Rire. Vous connaissez bien sûr Samir. Mais vous pouvez l’appeler Sammy – Sugar pour les intimes.

Ces jours-ci, le spectacle de Sammy est on ne peut plus Montréalais. Livré dans un « franglais » compris et même totalement apprécié de la plupart d’entre nous, il aborde des sujets que les Montréalais aiment détester. La vente de billets continue de battre les records, alors il n’est pas surprenant que Sugar Sammy soit qualifié de rock star de l’humour au Canada.

Mais son succès ne dépend pas seulement du fait qu’il soit bilingue, qu’il ait un style du tonnerre et qu’il n’ait pas la langue dans sa poche. J’ai grandi dans Côtesdes- Neiges, dit-il. J’ai fréquenté l’école secondaire la plus multiculturelle du Québec. Je parlais quatre langues. Tout ça joue un rôle dans ma connexion avec le public. »

Quand les fans s’approchent de lui après un spectacle, le questionnent souvent à propos de ses racines indiennes et des thèmes multiculturels qu’il aborde. « Un Haïtien ou un Libanais me dira : "Hé! Comment t’as fait pour savoir à propos de ça ou ça?" C’est parce qu’en grandissant, certains de mes meilleurs amis venaient de ces pays. J’ai juste imité leur façon de parler et leurs manies. Dans un sens, Montréal te force à t’ouvrir sur les différentes cultures. »

Est-ce que Montréal est sa muse? « Il y a tant de choses qui m’inspirent dans cette ville, dit-il. Ces jours-ci, le matériel s’écrit par lui-même – c’est du copiercoller. Après le référendum de 1995, des ponts ont été construits entre les deux solitudes. C’était génial, mais ensuite, la Charte les a un peu détruits. De nouveau, les gens se sont retirés dans leur coin. Tout le monde s’est mis à pointer du doigt et pour la première fois, quelqu’un m’a dit, tu n’es pas un vrai Québécois. Ça fait mal. »

Malgré les tensions, Sammy dit qu’il ne voudrait vivre nulle part ailleurs. « J’aime ma famille et ma ville, alors Montréal sera toujours ma maison. De plus, toute la politique peut être embêtante pour certains, dit-il, mais pour le comédien en moi, ça donne du matériel que j’aime. »

En parlant d’amour, et parce que c’est le « spécial amour » de Montréal enSanté, on voudrait savoir si le spectacle de Sammy serait un bon premier rendez-vous. « Mais oui, dit-il. Ça peut calmer les nerfs et vous donner des sujets de conversation après le spectacle, quand votre date est de bonne humeur. C’est comme si j’avais fait tous les préliminaires pour vous. »

Wow. Relax et désinvolte! C’est comme si Sammy flirtait avec notre date sans que ça nous dérange. Non seulement Sammy est un beau parleur qui sait s’y prendre, il est maintenant aussi acteur. Il joue dans la série de 10 épisodes Ces gars-là, une comédie qu’il a coécrite.

« C’est une comédie de chums , dit Sammy. Ça représente deux types de Québécois très différents – un francophone et un anglophone ethnique, et comme Simon et moi sommes amis dans la vie, nous voulions baser l’émission sur des situations que nous avons vraiment vécues. » Simon est Simon Fecteau, un tiers du trio comique les Chick’n Swell. Dans l’émission, ce dernier joue le gars un peu coincé, tout le contraire de Sammy, qui incarne le coureur de jupons. L’idée de départ? Deux gars dans la trentaine avec peu de responsabilités et beaucoup de temps pour s’amuser et flirter avec Montréal qui fait office de décor.

Lorsqu’on lui a demandé à propos d’une éventuelle incursion dans le fameux monde des sitcoms hollywoodiens, Sammy ne se sent pas pressé de suivre les pas de ses collègues comiques canadiens. Pour l’instant, il préfère briller sous les projecteurs de Montréal.

Voici la théorie de Sammy au sujet du succès de ses confrères canadiens au sud des frontières : « Les humoristes canadiens sont populaire aux États-Unis, car notre type d’humour voyage bien, dit-il. Nous sommes influencés par la culture populaire américaine et la comédie anglaise, ce qui nous rend plutôt neutre. Nous sommes en quelque sorte la Suisse de la comédie. »

* Ne manquez pas Sugar Sammy et Simon Fecteau dans Ces gars-là, tous les lundis à 20 h sur les ondes de V. Les billets pour le spectacle de Sugar Sammy à l’Olympia sont en vente sur son site Web, au www.sugarsammy.com

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Sabrina Jonas Le billet de la rédactrice associée

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