Vaincre le diabète

Sébastien sasseville traverse le canada à la course à pied et en solo

Par Jason Santerre

Frederick Banting est né le 14 novembre 1891, dans la petite communauté agricole d’Alliston, en Ontario. Exactement 123 années plus tard, Sébastien Sasseville achèvera à Vancouver sa course à pied à travers le Canada.

Les travaux du Dr Banting ont abouti à la découverte de l’insuline dont l’importance a été cruciale pour les diabétiques. M. Sasseville, un diabétique de 34 ans et coureur d’endurance originaire de Québec, mène une campagne de sensibilisation à la maladie en courant à travers le Canada. Il prévoit arriver à Vancouver le 14 novembre, jour de l’anniversaire du Dr Banting et date de la Journée mondiale du diabète. Sébastien nous a consacré une partie de son temps d’entraînement pour nous parler de sa maladie, de sa mission et de sa vue unique sur le Canada.

Montréal enSanté : Parlez-nous de votre but.
Sébastien Sasseville : Mon plus grand désir est de communiquer avec les gens, de les inspirer, de les éduquer et de les responsabiliser. L’ampleur du défi que représente la course à travers le Canada m’a fasciné. J’ai participé à la course du Sahara en 2012, une course de 250 km à travers le désert que j’ai commanditée moi-même et qui m’a énormément motivé. En fait, je ressentais encore les douleurs de cette course lorsque je me suis engagé à courir à travers le Canada (rires).

MES : Vous êtes arrivé au milieu de votre course (fin juillet). Êtes-vous en bonne voie de réaliser votre objectif d’atteindre Vancouver le 14 novembre?
SS : Absolument. Il était presque arrogant de fixer une date d’arrivée pour un tel voyage, mais à ce jour nous avons réussi à respecter le calendrier que nous nous sommes fixé. Tout peut arriver à tout moment et nous sommes loin de crier victoire.

MES : Comment vous êtes-vous préparé pour cet ultime test d’endurance?
SS : Je me suis concentré sur ma forme physique. Dans cette course, la vitesse n’est pas essentielle. Il faut surtout bien courir. La force de base est la plus importante. J’ai aussi passé beaucoup de temps avec les meilleurs spécialistes que j’ai pu rencontrer pour déterminer de bons exercices de récupération, qui est l’enjeu le plus important. C’est ce que je fais lorsque je ne cours pas qui contribue le plus à ma réussite.

MES : Quels sont les défis supplémentaires posés par le diabète lorsque vous vous entraînez?
SS : Il ne fait aucun doute qu’à cause du diabète, je suis forcé d’intégrer d’autres éléments à mon entraînement. Il faut surveiller le taux de glycémie et compter les glucides. Équilibrer le tout au milieu de l’exercice alors que vous êtes épuisé n’est pas chose facile. Je vérifie ma pompe à insuline et le système de surveillance du glucose toutes les 30 minutes et effectue les ajustements nécessaires.

MES : Dites-nous, quand avez-vous appris que vous aviez le diabète?
SS : J’avais 22 ans quand on m’a diagnostiqué le diabète de type 1. Mon frère a reçu un diagnostic de diabète six ans auparavant et j’étais déjà familiarisé avec la maladie. Pourtant, j’étais en état de choc. Ma vie a changé en un instant et je ne savais pas si je pourrais continuer la réalisation de mes rêves.

MES : Quelle a été la partie du Canada la plus difficile jusqu’à présent?
SS : L’Ontario, certainement. La course a été la partie la plus facile, mais nous avons été tirés dans plusieurs directions par des événements divers, les médias et nos engagements envers nos commanditaires. Le nord de l’Ontario était très calme et la solitude a commencé à peser. Pendant environ 1 500 km, j’ai couru au milieu de nulle part, entouré d’arbres.

MES : Quelle est la réaction des gens que vous rencontrez sur votre parcours?
SS : Les gens sont vraiment inspirés et cela m’apporte beaucoup de joie. Les coureurs se joignent à moi et courent sur de petites distances, ici et là, et je trouve ça génial. Mon rêve était de créer quelque chose où les gens pourraient participer. Je voulais que les gens pensent que c’était leur course.

MES : À quoi ressemble une journée typique pour vous?
SS : Je me lève le matin à 6 h. Je prends mon déjeuner puis je me rends au point de départ. Je cours 20 km dans la matinée. Je m’arrête pour dîner. Je cours 20 km dans l’après-midi. C’est ce que je fais pendant cinq ou six jours par semaine. À la fin de la journée, nous prenons note du point d’arrivée à partir duquel nous prenons le départ le lendemain matin.

MES : Comment restez-vous motivé tous les jours?
SS : J’ai de bons jours et de mauvais jours, comme tout le monde. La constance est ma meilleure arme. J’écoute de la musique et des fichiers balados ou je me concentre tout simplement sur le paysage. Patrick St-Martin, un ami très cher et la seule personne qui m’accompagne sur la route, m’aide beaucoup. Nous avons beaucoup de plaisir et, à ce jour, nous avons réussi à ne pas nous entretuer après six mois passés ensemble sur la route (rires).

MES : Quelle est la meilleure façon pour les gens de faire des dons et aider?
SS : La meilleure façon est par notre site Web à outrundiabetes.org. Les gens peuvent soutenir à la fois le voyage et la recherche sur le diabète.

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