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Tag, à toute allure

Le caïd de la vitesse ramène la sensibilisation aux allergies alimentaires en première position

Par Jason Santerre

C’est un défi d’endurance — tant mental que physique — à 340 km/h qui s’étend sur 800 km de bitume et qui oppose l’homme et la machine contre d’autres hommes dans des machines conçues pour défier la mort à l’aide de prouesses de vitesse et de maniabilité. Ce sport n’est pas un jeu d’enfant. Avec de l’eau glacée dans les veines et un coeur de casse-cou, Alex Tagliani est le pilote parfait, qu’il soit au volant d’une Ferrari Grand-Am GT, d’une Honda IndyCar ou de sa Dodge Challenger #18.

« Dès le début, mon entraîneur m’a enseigné pourquoi il est nécessaire de rallier forme physique et concentration dans une voiture de course », raconte Tagliani. « Il m’a donné un haltère de 80 lb et m’a dit de faire des flexions de bras. Après 10 répétitions, je me suis reposé et j’ai recommencé. J’ai fait trois répétitions, puis il m’a donné une équation mathématique à résoudre. J’ai arrêté les flexions et j’ai commencé à faire les calculs. Il m’a dit “Hey! Continue! ” Je n’ai fait que six répétitions. Distrait, j’ai perdu la moitié de ma force. »

La concentration est primordiale lorsque vous filez à toute allure, communiquez à l’aide d’une radio avec votre équipe aux puits, vérifiez une myriade d’instruments, poussez les limites de la voiture, combattez la force G qui compresse votre poitrine, sans oublier la chaleur qui transforme la voiture en fournaise et le monoxyde de carbone que vous respirez. « Ces trois heures sont plutôt intenses », dit-il nonchalamment. « Vous ne pouvez jamais relaxer, sinon vous risquez de perdre le contrôle. »

Défiant la mort à chaque tournant avec de l’huile, du caoutchouc brûlant et de l’adrénaline dans l’air, le sport automobile est l’attraction numéro 1 en Amérique du Nord. De la Formule 1 au NASCAR en passant par l’IndyCar, Montréal a une soif de vitesse gravée sur le coeur.

C’est lors d’un voyage dans la ville natale de son grand-père, dans le nord de l’Italie, que « Tag » est tombé amoureux de ce sport. « J’étais trop petit pour jouer au hockey, et plus j’en apprenais sur la course automobile, plus je voulais devenir un coureur professionnel. » Aujourd’hui, son talent lui a permis de remporter la série NASCAR Canadian Tire à Edmonton, de terminer six fois dans le top 10 et de monter 14 fois sur le podium en Champ Car en plus de récolter en 2009, le titre de Recrue de l’année de l’Indianapolis 500.

Vous pensez sûrement qu’il a des nerfs d’acier. Bien entendu. Mais Alex a également une phobie. Les noix. « Mes parents l’ont réalisé très rapidement », dit-il. « Il y avait quelque chose dans l’alimentation de ma mère qui causait une réaction lors de l’allaitement. Les docteurs ont passé des examens et voilà. » Tag raconte qu’il fut difficile de grandir durant une période où les normes d’étiquetage sur la nourriture n’étaient pas aussi strictes qu’aujourd’hui.

« L’épisode le plus effrayant est survenu dans un restaurant il y a quelques années », se souvient Tagliani. « J’ai commandé quelque chose avec de la pâte d’amande. J’ai demandé au serveur de ne pas mettre la pâte. Il m’a répondu “Pas de problème”. Eh bien, peut-être pensait-il que j’étais seulement difficile, mais vous savez ce qui s’est produit après. Le plat est arrivé, j’ai mangé et j’ai eu une réaction instantanée. »

Il dit que sa première erreur fut de laisser son injecteur d’adrénaline dans sa voiture. La deuxième fut de courir vers la voiture en cherchant son souffle. Il a dû être intubé dans le stationnement. Il s’en est fallu de peu, mais il est ici pour raconter son histoire et répandre le message, un message qui débute avec Pfizer Canada, le commanditaire en titre de la voiture d’Alex et le fabricant d’EpiPen. Cette année marque le second événement de « L’été de TAG (Traiter les allergies avec grand soin) » qui vient en aide à la fondation Anaphylaxis Canada.

Le printemps dernier, Tagliani a visité des étudiants à Edmonton, Toronto et Montréal pour les sensibiliser aux allergies alimentaires, un problème de santé grandissant qui affecte plus de 2,5 millions de Canadiens. « En tant que mère d’un garçon aux prises avec plusieurs allergies alimentaires, j’apprécie comment Alex inspire les jeunes », raconte Laurie Harada, directrice générale chez Anaphylaxis Canada. « Il les encourage à poursuivre leurs rêves et à ne pas laisser les allergies définir qui ils sont. »

Tagliani dit qu’il a été chanceux durant sa carrière d’être capable de se rallier à des compagnies qui font une différence. Ces jours-ci, les gens sont plus conscients qu’il faut prendre les allergies au sérieux. « Depuis mon incident au restaurant, les chefs utilisent une poêle différente pour chaque plat, ils mélangent la salade dans un nouveau bol pour réduire les risques de contamination croisée. Plus d’écoles et d’institutions participent à la campagne. » Il explique que le seul point négatif d’une société plus informée est que plusieurs jeunes vivent en santé, sans incident jusqu’à la fin de l’adolescence, ils se sentent alors suffisants et invincibles. « La partie la plus difficile est de convaincre les adolescents qu’ils ne sont pas invincibles et qu’ils doivent faire attention. Mais on y arrive. »

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