La zoothérapie

Les chiens qui font du bien

Par Zöe Mintz

Ma mère ne peut plus se passer de Ringo. Son nez mouillé, sa queue touffue et son sourire contagieux la font fondre chaque fois qu’elle revient à la maison — particulièrement après un traitement. Au cours des deux dernières années, durant sa bataille continuelle contre le cancer du sein, ma mère a enduré des cocktails de chimiothérapie, des scanographies et des biopsies. Tout au long de ce parcours, notre caniche Ringo l’a aidée à passer au travers. Il l’accueille à la porte, en remuant la queue, en jappant et en sautant pour lui donner un coup de langue ou lui donner un bec de nez — des petits gestes qui font une différence.

Ringo comble un vide que ni les médicaments, ni les docteurs, ni même la famille ne pourraient remplir. Il connaît sa personnalité : il sait lorsqu’elle a besoin d’une bonne distraction ou simplement d’un câlin de chien. Il est son thérapeute canin. La prescription : des marches, des promenades en voiture et de l’affection.

Les patients n’ont pas tous un animal de compagnie à la maison. C’est pourquoi Margrit Meyer entre en jeu. Elle s’occupe du programme de zoothérapie de l’Hôpital général de Montréal depuis plus de dix ans, connu sous le nom de thérapie assistée par l’animal. Neuf bénévoles et onze de leurs chiens visitent des patients en soins palliatifs, dans la division d’oncologie et de neurologie, ainsi que le personnel des soins intensifs. Le programme a l’intention de s’étendre au site Glen lorsque le déménagement sera terminé.

Contrairement aux docteurs, au personnel infirmier et aux aides-soignants, les chiens n’ont aucune raison médicale d’entrer dans la chambre d’un patient. Et c’est précisément pourquoi ils sont si efficaces, explique Mme Meyer. « Peu importe l’allure du patient, à cause des bandages ou de ses vêtements, dit-elle. Le chien va les aimer. »

Un de ses souvenirs les plus marquants est celui d’un patient qui venait d’appeler une infirmière, car il avait mal. Lorsqu’il a commencé à caresser un des chiens, tout a changé. « Quand l’infirmière est arrivée, il lui a dit, “Je n’ai pas besoin de médicament. J’ai le chien” », se rappelle Mme Meyer.

Tous les chiens du programme ont été testés et entraînés avant d’entrer à l’hôpital. Ils doivent être âgés d’au moins deux ans, en bonne santé et obéissants. Les bénévoles à quatre pattes passent entre deux et trois heures par semaine avec les patients. Et ils utilisent leur intuition. « C’est une activité où le chien dicte comment ça se passe », dit Mme Meyer. « C’est incroyable à quel point le chien ressent ce qui est nécessaire, il sait combien de temps il doit rester couché sans bouger, s’il doit animer le patient ou se laisser caresser. »

C’est la conversation silencieuse entre les patients et les animaux qui rend cette relation si unique — et c’est pourquoi Mme Meyer croit en ce programme. « Avec le chien, vous n’avez pas besoin de parler. Vous recevez de l’amour inconditionnel », dit-elle.

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