Rebelles à roulettes

Le roller derby allie brutalité et finese

Par Jason Santerre

La prochaine fois que vous passerez par Lincoln, Nebraska, prenez une pause des champs de maïs qui défilent et déliez vos jambes dans le National Museum of Roller Skating. En visitant l’exposition sur le roller derby, vous constaterez que, bien que ce soit un sport moderne, son histoire est bien enracinée dans le féminisme.

Voici un sport dans lequel des femmes dévalent une piste à toute vitesse, se heurtant et fonçant l’une dans l’autre avec autant de finesse que de férocité. Heureusement, ce sport ne se prend jamais trop au sérieux, ce qui le rend sérieusement plaisant à regarder.

Deux équipes constituées de cinq joueuses — quatre bloqueuses et une jammeuse — s’affrontent sur une piste ovale. Les quatre bloqueuses forment « le pack ». Le but de la jammeuse est de percer le pack et de marquer un point par adversaire dépassée. Les bloqueuses ont deux rôles : empêcher la jammeuse adverse de passer et aider leur propre jammeuse à passer le pack.

Au milieu des années 1940, le roller derby roulait dans plus de 50 grandes villes devant 5 millions de spectateurs. Cependant, vers le milieu des années 1960, le roller derby se rapprochait plus du spectacle que du sport, avec un côté théâtral comparable aux scénarios truqués et à l’action mise en scène de la lutte. Heureusement, le roller derby effectue un retour aux sources.

La Women's Flat Track Derby Association (WFTDA), l’instance dirigeante de centaines de nouvelles ligues, apporte un renouveau au roller derby en mettant l’accent sur l’importance d’un bon arbitrage et de règles définies, sans perdre de vue le côté plaisant du spectacle. En 2009, la WFTDA s’est développée en quatre ligues compétitives et son premier membre international fut la Montréal Roller Derby.

Claudine « Kaboom » Miranda joue à la fois pour Les filles du roi et les Sexpos de la ligue locale. L’athlète de 25 ans dit que le sentiment de communauté est ce qu’il y a de mieux dans le roller derby. « Faire partie de quelque chose plus grand que vous est incroyable », raconte Claudine. « Les défis physiques et mentaux sont ce que je recherche. Puis, comme plusieurs jeunes femmes, j’ai des complexes envers mon corps. Mais avec le roller derby, ces problèmes semblent petits, sans importance. Maintenant, je travaille avec le corps que j’ai et je l’utilise comme un atout. »

Claudine croit que le seul inconvénient est la fausse image qui entoure ce sport… Eh bien, ça et l’équipement qui sent mauvais. « Plusieurs croient que nous sommes des personnes hostiles. Ils croient qu’il est permis d’avoir des contacts avec nos mains, comme de frapper ou agripper l’adversaire, mais c’est illégal. Ils seraient surpris par la gentillesse des joueuses de derby. »

Mirja « Swing La Bacaisse » est la cocapitaine des Sexpos et joue également pour les New Skids on the Block. Comme sa coéquipière, Mirja aime le sentiment de communauté dans le sport. « Nos valeurs, comme la diversité et le féminisme, constituent une grande partie du roller derby », dit-elle. « C’est l’endroit parfait pour grandir comme personne et comme athlète. » Après tout, dit-elle, tout le monde impliqué, des arbitres et administrateurs de la ligue aux adeptes et joueuses, est ouvert d’esprit et aime s’amuser, pur et simple. Combien de choses sont pures et simples de nos jours? Pour en savoir plus, visitez le www.mtlrollerderby.com

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