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Jay Baruchel: Notre-Star-pleine-de-Grâce

DE NOTRE-DAME-DE-GRÂCE À HOLLYWOOD

Par Jason Santerre

Est-ce que c’était lui qui mangeait une soupe matzo au Snowdon Deli? Est-ce possible que c e soit lui qui savourait du poulet au Chalet BBQ? Était-ce vraiment lui qui se baladait dans le parc Trenholme, les mains dans les poches, les cheveux ondulés dans le vent? Lorsqu’il s’arrête pour dire bonjour et que vous entendez cettevoix, vous pensez, oui, en effet. C’est bien lui. Hiccup! 

Hiccup, bien sûr, est le protagoniste des films d’animation de Dreamworks sélectionnés aux Oscars Dragons et Dragons 2. Jay Baruchel, qui aura 33 ans en avril, prête sa voix—dans la version anglaise — au personnage du jeune viking Hiccup qui fait partie d’une bande de chasseurs de dragons et qui se retrouve dans l’embarras lorsqu’il devient ami avec un dragon nommé Toothless.

Bien entendu, si les films d’animation ne sont pas votre tasse de thé, vous seriez pardonné de ne pas reconnaître sa voix, mais son visage, lui, ne laisse aucune place à l’erreur. La plupart des Canadiens de moins de 40 ans se souviennent de lui comme coanimateur à l’émission scientifique Popular Mechanics for Kids. À l’adolescence, il a pris d’assaut les tapis rouges d’Hollywood avec des rôles secondaires toutefois mémorables dans des films comme Presque célèbre, La fille à un million de dollars de Clint Eastwood, et une série de comédies (Grossessse surprise, Tonnerre sous les tropiques, Trop belle!). Il a même joué son propre rôle—un signe que vous avez réussi à Hollywood— dans l’apocalyptique et hilarant C’est la fin.

Canadian films that are both intelligent and entertaining might seem like a paradox to some, but Baruchel feels the industry here has come a long way. “Quebec cinema has got it made,” he says. “Not only do Quebecers make great films, they get butts in seats and they support their industry.” As for the rest of the country, he says we have to stop with the inferiority complex and forget about comparing ourselves to the States. “We have lots of great talent and amazing stories to tell. I am very hopeful for the future of Canadian cinema.”

Même s’il a obtenu beaucoup de succès au box-office et côtoyé les grands noms d’Hollywood, ce fut son travail dans le film à petit budget The Trotsky qui a suscité quelquesuns des ses plus beaux souvenirs cinématographiques, voire sa meilleure performance. « C’était tellement génial, non seulement parce que je travaillais avec ma soeur (Taylor) et un de mes meilleurs amis (son confrère, l’acteur montréalais Rick Mabe), mais aussi parce que je tournais dans ma ville natale durant un été montréalais particulièrement merveilleux », dit-il en parlant du film paru en 2009, ajoutant que l’auteur-réalisateur Jacob Tierney est également originaire de NDG.

Des films canadiens qui sont à la fois intelligents et divertissants, ça peut sembler être un paradoxe pour certains, mais Baruchel pense que l’industrie ici a parcouru beaucoup de chemin. « Le cinéma québécois a réussi », dit-il. « Non seulement les Québécois font d’excellents films, mais aussi, les gens se bougent les fesses pour les voir et ils supportent leur industrie ». Pour ce qui est du reste du pays, il pense qu’il faut laisser tomber le complexe d’infériorité et arrêter de se comparer aux États-Unis. « Nous avons beaucoup de bons talents et des histoires incroyables à raconter. J’ai confiance en l’avenir du cinéma canadien. »

Si Baruchel est un adepte du septième art canadien, multipliez par 100 son enthousiasme lorsqu’il s’agit de ses bleu-blanc-rouge adorés. Nul besoin de vous dire qu’il a sauté sur l’occasion de travailler avec les glorieux Canadiens. « Mon agent m’a appelé et m’a dit que les Canadiens avaient appelé. Avant même qu’il puisse me donner les détails, je disais : “Oui, oui, peu importe ce que c’est, oui!” » L’équipe lui a demandé de tourner quelques messages publicitaires pour la télé et le web dans le cadre de la dernière initiative du fan-club, Club 1909. Baruchel était plus qu’emballé de rencontrer ses héros.

« C’était difficile de ne pas me vanter à tous mes amis, mais bien sûr, j’ai envoyé un texto à tout le monde immédiatement après avoir reçu la nouvelle », dit-il avec ce rire. « Tous les gars étaient réellement des professionnels et ils avaient des talents d’improvisation que plusieurs acteurs que je connais rêveraient d’avoir. Bien sûr, j’étais intimidé, particulièrement en travaillant avec Carey Price. Il était simplement un gars génial, professionnel, avec les pieds sur terre. »

Au moment de notre entrevue, Baruchel travaille en territoire ennemi : la terre des Leafs. Toronto est le cadre de son dernier projet pour le réseau FXX Man Seeking Woman, un regard « adorable et surréaliste » sur les exploits d’un jeune homme dans la vingtaine, naïf, un peu bête, dans sa quête éternelle, sinon déchirante, pour trouver le grand amour. Pensez à des rendez-vous avec des trolls, des voyages dans le temps, des extra-terrestres, et des trucs bizarres à en faire bouger une queue de castor. « C’est une émission complètement folle, mais c’est tellement amusant », dit-il.

Bien sûr, le chèque de paye et tous les avantages qui viennent avec la célébrité ne sont pas mal du tout. Mais il est clair que Baruchel valorise un travail ardu, une vision humble, et une attitude monsieur Tout-le-Monde. Le fait qu’il soit casanier et fils à maman avoué l’aide à garder les pieds sur terre. « J’ai un groupe d’amis proches à NDG », un quartier où il habite encore. « Mes amis ne me laisseraient jamais devenir trop hot pour mes copains.. D’ailleurs, ils se foutent un peu d’Hollywood, je suis encore Jay de NDG. »

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Sabrina Jonas Le billet de la rédactrice associée

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