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En 2009, Martin a donné 600 000 $ à la fondation One Drop, une organisation qui aide les communautés à obtenir un accès durable à l’eau potable.

L’homme masqué de Montréal

Rusel Martin garde les pieds sur terre, malgré son envolée avec les Blue Jays

Par Jason Santerre

Famille. Un mot qui pèse, un concept qui renferme plusieurs connotations. Nous sommes chanceux si, au cours de notre vie, nous réussissons à bâtir une famille basée sur des liens de sang, des amis de longue date ou même des coéquipiers. Russell Martin comprend bien ces complexités. La preuve se trouve dans son nom : Russell Nathan Jeanson Coltrane Martin Jr.

Plutôt difficile à prononcer. Mais chaque nom symbolise une branche de son arbre généalogique. Russell est le nom de son père, bien sûr. Nathan vient de son grand-père. Jeanson est le nom de jeune fille de sa mère, un nom qu’il honore avec le « J » imprimé sur son chandail. Et Coltrane est un hommage au fameux saxophoniste américain.

Ce n’est donc pas surprenant d’apprendre que la musique a joué un rôle important dans la vie familiale de Martin. Ses deux parents sont musiciens et sa soeur, Vivianne, étudie à l’École de musique Vincent-d'Indy. De la musique était constamment jouée ou écoutée alors qu’il vivait soit chez sa mère à Ottawa, soit chez son père pendant les week-ends dans Notre-Damede-Grâce. C’est à cet endroit que Martin a non seulement découvert la musique, mais également le baseball et l’importance de travailler fort pour réaliser ses rêves : devenir un joueur professionnel de baseball.

Le rêve est devenu réalité pour le fils et le père. Et la réalité a frappé fort durant cette première année dans les ligues majeures avec les Dodgers de Los Angeles. L’équipe a découvert que le père de Martin était saxophoniste et l’a invité à interpréter l’hymne nationale américaine avant le match. « J’ai entendu l’hymne national des milliers de fois — chanteurs, chorales militaires, fanfares, et la vedette occasionnelle », se rappelle Martin dans un texte personnel qu’il a écrit pour le magazine Guideposts. « Cette soirée-là était différente. C’était mon père qui était là, qui soufflait dans son saxophone terni et jouait devant près de 55 000 fans. J’ai regardé depuis la première marche de l’abri des joueurs et j’ai suivi chaque note, en priant pour qu’il fasse de son mieux. J’ai réalisé que nos rôles étaient inversés. Toute ma vie, il m’avait encouragé. Maintenant, c’est moi qui l’encourageais. »

Ce printemps, lorsque les Blue Jays ont disputé un match pré-saison au Stade olympique, Martin Jr était présent en tant que nouveau receveur de l’équipe de Toronto. Une fois de plus, on a demandé à Martin père d’ouvrir les festivités. C’était un moment opportun alors que le père jouait de la musique pour ce retour à la maison et que le garçon versait une larme, emporté par le moment. « Après avoir survécu à ceci, je sens que le match d’ouverture sera du gâteau », a dit Martin durant une entrevue avec The National Post après le match.

Ce moment était spécial : être accueilli par une foule dans sa ville natale, une foule qui salive toujours à l’idée de peut-être, qui sait, avoir une autre chance de ramener une franchise de la Ligue majeure. En tant que Montréalais, Martin connaît très bien la passion de la ville pour les Expos. C’est ce genre de passion pour le sport, la culture et la vie en général qui le garde près de la maison. Bob Elliott, du Toronto Sun, a écrit récemment que les arguments de vente principaux pour le joueur sans contrat furent « la proximité de Montréal, les vols rapides pour ses parents jusqu'à l’aéroport de Toronto, et devenir une personnalité que les jeunes joueurs au Canada peuvent admirer. »

En effet, le numéro 55 est une belle acquisition pour les Blue Jays, une équipe qui occupe éternellement le milieu du classement et qui n’a rien gagné depuis qu’elle a remporté consécutivement la Série mondiale, il y a plus d’une génération. Bien sûr, beaucoup de choses ont changé depuis le début de la saison. Les Jays ont fait quelques acquisitions clés et au moment de l’écriture de cet article, ils sont au premier rang de la division Est de l’Américaine. C’est la première fois qu’ils occupent cette position aussi tard dans la saison depuis qu’ils ont tout remporté en 1993.

Martin a joué un rôle important dans l’ascension des Bluebirds, malgré quelques blessures irritantes. Martin détient un gant d’or, quatre apparitions au Match des étoiles et un bras comme un lanceroquette. Il a retiré plus de coureurs qui tentaient de voler qu’aucun autre receveur depuis ses débuts en 2006. Sa mentalité « se battre jusqu’à souffrir » y est pour quelque chose aussi. De l’expérience? Il en a certainement avec plus de 1 100 parties disputées dans la Ligue majeure — impressionnant pour un homme qui joue à la position la plus exigeante selon certains experts.

« Mon père m’a fait travailler fort en me faisant faire d’innombrables exercices », dit-il en parlant de ses premiers entraînements. « C’était des choses bizarres, des choses qu’il inventait. “Je vais tirer la balle au-dessus de ta tête”, disait-il. “Je veux que tu te lances pour l’attraper, que tu l’atteignes ou pas.” »

Ce temps passé entre père et fils alors que Martin Jr était un garçon est comme une métaphore : Vas-y. Lance-toi. Étends-toi au maximum. Et que tu atteignes ton but ou pas, au moins tu auras fait de ton mieux. Et tu auras toujours les racines solides de la famille et de la ville pour te rattraper. Peut-être que les Montréalais peuvent encourager une équipe de Toronto. Peut-être.

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