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Mieux vaut prévenir que guérir

Prenez conscience des risques de la rage, ici et à l’étranger

Par Dr Mitch Shulman

David*, un homme en santé de 25 ans, est entré à l’urgence avec un air terrifié. Alors que David faisait du jogging plus tôt en soirée, il a senti quelque chose de petit et poilu le frapper sur le bras droit. Lorsqu’il a regardé en l’air, il a vu une chauve-souris qui s’envolait. Il a appelé Info-Santé et on lui a dit de se rendre à l’urgence. Il fallait écarter la possibilité du virus de la rage.

Les chauves-souris sont des créatures fascinantes et essentielles, mais elles sont souvent victimes de fausses informations et de mythes entretenus par la peur. Mais dans ce cas-ci, la recommandation d’aller à l’urgence était appropriée. La rage est une maladie virale qui se transmet par la morsure d’un animal infecté ou par sa salive qui entre en contact avec une plaie ouverte ou une membrane muqueuse (oeil, nez, bouche).

Il n’y a pas de cure. Seulement très peu de gens survivent grâce à des soins intensifs. Alors, il est évident que l’infection doit être évitée à tout prix. Une façon de le faire est de vacciner les animaux et le bétail. En Amérique du Nord, la vaccination fut un véritable succès, car les cas d’exposition à la rage par les chiens, les chats ou le bétail sont extrêmement rares.

Au Québec, les animaux les plus souvent infectés de la rage sont les chauves-souris et les ratons laveurs : les renards et les moufettes peuvent également être infectés. Ce qui est intéressant avec les chauves-souris est que leurs dents sont si petites et pointues que la morsure peut passer inaperçue. C’est pourquoi même une simple rencontre de près avec une chauvesouris justifie une visite à l’urgence. Avec la rage, il vaut mieux commencer les mesures préventives nécessaires, car le risque de mort par infection est beaucoup trop élevé.

Si vous avez été en contact avec un animal potentiellement infecté de la rage, lavez la région avec de l’eau et du savon et rincez vos yeux et votre bouche avec de l’eau. Ensuite, rendez-vous à l’urgence rapidement. Plus vite la thérapie est amorcée, mieux c’est. Le personnel médical injectera de la globuline immunisée autour de la plaie et dans le corps pour lui donner un peu d’avance, car le corps a besoin de temps pour en créer lui-même. En même temps, le docteur stimulera la protection du patient grâce à la vaccination.

Le vaccin d’aujourd’hui est beaucoup plus sécuritaire : il compte moins d’effets secondaires et ne nécessite que quatre injections en 14 jours. Ce traitement a démontré une réduction considérable des risques de développer la rage.

David a reçu des injections de globuline immunisée à l’endroit où la chauve-souris l’avait frappé (bien que la plaie n’était pas visible) ainsi qu’à son postérieur, et nous lui avons administré la première dose du vaccin. Puis, il fut référé à notre clinique de maladies infectieuses pour la suite des injections. Il devrait s’en remettre complètement.

 

 

    VOICI CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE POUR VOUS PROTÉGER :
  • Ne touchez jamais une chauve-souris, morte ou vivante.
  • Évitez de caresser ou nourrir un animal sauvage ou domestique que vous ne connaissez pas, même s’il semble inoffensif.
  • Faites vacciner vos animaux de compagnie.
  • Si vous êtes mordu, griffé ou léché par un animal qui semble infecté, lavez la plaie avec du savon et de l’eau pendant de 10 à 15 minutes.
  • Appelez Info-Santé (811) ou consultez un médecin immédiatement.

 

* Noms fictif

EXPERT EN SANTÉ

Le Dr Mitch Shulman est médecin traitant au service d’urgence du CUSM, professeur adjoint au Département de chirurgie de l’École de médecine de l’Université McGill.

Automne 2015, Vol 7 N°4

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