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Terry Fox, le garçon héros

35 ans plus tard , le Marathon de l’espoir se poursuit

Par Jason Santerre

En 1977, Terry Fox avait 18 ans et vivait avec l’ostéosarcome, un type de cancer des os qui frappe habituellement les jeunes. L’ostéosarcome envahit la région où les os se rencontrent, comme à l’extrémité du fémur droit sur la partie supérieure du genou de Terry. Vers la fin des années 1970, les médecins n’avaient pas vraiment d’autre choix que d’amputer.

Lors de sa convalescence en pédiatrie, Terry fut témoin des souffrances qu’engendre le cancer, particulièrement chez les jeunes et leur famille. De son lit d’hôpital, le garçon têtu et turbulent de Port Coquitlam décida de se lancer dans ce qu’il appellera son Marathon de l’espoir, une course ambitieuse à travers le Canada. L’espoir était d’amasser un dollar pour chaque citoyen canadien.

À l’été 1980, le frère de Terry, de 14 mois son aîné, était aux premières loges de l’aventure. Fred, maintenant âgé de 58 ans, dit qu’il n’oubliera jamais le jour où Terry est parti vers Terre-Neuve pour amorcer son périple transcanadien. « Je ne comprenais pas vraiment et je ne savais pas trop à quoi m’attendre », raconte Fred depuis son bureau de la Fondation Terry Fox sur la côte ouest. « Mais de voir les premiers reportages aux nouvelles et sentir l’excitation alors qu’il prenait son élan, c’était surréel », dit-il.

Trente-cinq années se sont écoulées, mais si vous fermez les yeux un moment, vous pouvez certainement revoir le garçon aux cheveux frisés qui se déhanchait sur l’autoroute avec le visage rempli d’une détermination féroce. Après 5 373 kilomètres d’asphalte brûlant, de piqûres et d’ampoules, Terry fut forcé d’abandonner sa course juste avant d’atteindre Thunder Bay, en Ontario. Il est retourné chez lui en Colombie-Britannique pour recevoir des traitements pour le cancer qui s’était propagé à ses poumons. « Je ferai de mon mieux », dit-il durant une bousculade de journalistes alors qu’il était étendu sur une civière. « Je vais me battre. Je promets que je n’abandonnerai pas. »

Son corps est parti, bien sûr, mais l’esprit de Terry vit toujours, et c’est cet esprit qui inspire tant de gens autour du monde à participer à la course annuelle Terry Fox — dans 30 pays jusqu’à présent. Depuis 1980, la Fondation Terry Fox a amassé plus de 700 millions de dollars pour la recherche sur le cancer.

Fred travaille maintenant à la Fondation comme agent de liaison et se dit très fier que l’héritage laissé par son frère soit encore vivant, se rappelant affectueusement la montée de son frère au statut d’icône. « Je me souviens quand j'ai rejoint Terry à Toronto. Nous avons couru ensemble sur l’avenue University. J’ai des frissons juste à penser à cette journée. Les rues étaient remplies de foules qui applaudissaient alors que nous courrions vers l’hôtel de ville. Il y avait plus de 10 000 personnes qui étaient là pour l’entendre parler. » Fred raconte que Terry était heureux de rencontrer des personnalités telles que Bobby Orr et Pierre Trudeau, mais qu’il préférait rencontrer les gens ordinaires. « Tellement de personnes ont considéré Terry comme un héros et le font encore aujourd’hui, mais il était et demeurera toujours mon petit frère. J’aime me rappeler quand nous étions enfants, toujours un gant de baseball ou un bâton de hockey à la main. Nous cueillions des bleuets pour faire des sous afin d’acheter des jeans bleus. Des trucs de gamins tout simples, c’est ce dont je me souviens le plus de Terry. »

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