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Chronique des survivants du cancer

Image corporelle et estime de soi

Par Geneviève Chaput, M .D.

Lolitta Dandoy était une blogueuse de mode qui gagnait en popularité lorsqu’on lui diagnostiqua un cancer du sein. Âgée d’à peine 30 ans, Lolitta faisait face à la terrible réalité qu’est le cancer. Avec du recul, elle raconte que les mots de son médecin l’ont hantée : elle perdrait ses cheveux à cause de la chimiothérapie. « À ce moment-là, ça semblait être une peur irrationnelle et honteuse », explique Lolitta aujourd’hui. Ses craintes envers la perte de ses cheveux étaient presque aussi bouleversantes que le diagnostic lui-même. Elle se rappelle le décompte exténuant de 21 jours avant le moment où tomberaient ses cheveux. Elle ressentait une profonde tristesse et un sentiment de perte, mais aussi de la confusion et de la honte par rapport à ce sentiment de détresse causé par la perte de ses cheveux.

Les problèmes d’image corporelle vont au-delà des préoccupations envers l’apparence physique. Ils englobent un concept aux multiples facettes qui comprend les perceptions, les pensées, les sentiments et les comportements reliés au corps en entier et à son fonctionnement. Bien que les survivants hésitent souvent à admettre leurs préoccupations envers l’image corporelle, de peur de paraître superficiels ou vaniteux, des études révèlent que de 30 à 70 pour cent des patients éprouvent une détresse causée par les changements physiques reliés aux traitements.

Lorsque Lolitta a commencé à perdre de grosses mèches de cheveux, elle a pris le contrôle de la situation et s’est rasé la tête. Elle croyait qu’un crâne chauve serait mieux que des boules de cheveux qui crient la maladie. Mais elle avait toujours du mal à se regarder dans le miroir chaque jour. Son look chauve la faisait sentir encore plus vulnérable. « Je savais que j’avais le cancer, mais une fois mes cheveux partis, tout le monde le savait aussi. », dit-elle. Les changements qu’elle voyait dans le miroir l’affectaient plus que son apparence physique, ils remettaient en doute le fait qu’elle pouvait toujours être une blogueuse de mode respectée.

Des préoccupations liées à l’image corporelle peuvent surgir à n’importe quel moment durant la trajectoire du cancer et influencer négativement le bien-être psychologique et le fonctionnement social. Une mauvaise perception de l’image corporelle, de l’attirance et de la féminité est liée à la dépression, à l’anxiété et aux problèmes dans les relations. Cette situation peut empirer si ces troubles sont laissés en suspens.

Avez-vous des préoccupations envers votre image corporelle? Voici quelques conseils pour vous aider :

  • Éduquez-vous. Lorsque vous considérez des options de traitement, demandez à votre médecin les effets secondaires liés à l’apparence et les résultats fonctionnels.
  • Faites de l’exercice physique. De plus en plus de données suggèrent que l’exercice régulier peut améliorer l’image corporelle et avoir un impact positif sur votre humeur et votre estime de soi.
  • Tirez parti des ressources de soutien. Une ressource exemplaire est le programme Belle et bien dans sa peau qui offre des ateliers gratuits lors desquels vous apprendrez des techniques en cosmétique et en soin de la peau en plus de connaître des solutions de rechange aux cheveux qui peuvent vous aider à gérer les changements dans votre apparence.
  • Parlez-en à votre professionnel de la santé. Exprimez vos préoccupations librement, surtout si vous vous sentez triste et anxieuse.

Bien que Lolitta admette facilement que le cancer fut une expérience difficile, elle en a tout de même tiré des éléments positifs inattendus. « Je suis devenue plus confiante en mon apparence et en mes capacités professionnelles. » Elle a aussi réalisé son rêve d’adolescente en lançant avec succès son propre blogue de mode, que vous pouvez visiter au : fashioniseverywhere.com. Elle est également engagée dans la cause du cancer et s’est même rasé la tête pour le bien d’une campagne de sensibilisation. Cette foisci, par contre, elle ne se sentait pas du tout comme elle se sentait lors des traitements. Elle se sentait belle et épanouie. « Une tête chauve ne veut pas dire qu’on est malade. Elle symbolise que nous sommes complètement investies dans un combat vers notre rétablissement. »

Geneviève Chaput est médecin au CUSM . Elle dirige le programme des survivants du cancer qui offre des interventions cliniques et éducatives afin d'améliorer les soins offerts aux personnes ayant vécu avec le cancer.

 

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