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Au Canada, un enfant sur cinq risque de démarrer sa journée d’école avec le ventre vide. Dans les communautés aborigènes, le ratio est d’un sur deux.

Affaires de famille

Pour Carey et Angela Price, la famille passe avant le hockey

Par Jason Santerre

La famille et le hockey. Ils vont de pair comme la rondelle et le bâton. L’un est perdu sans l’autre. Demandez à n’importe quel joueur de hockey professionnel à propos de son parcours vers la LNH, et plusieurs auront les larmes aux yeux en parlant des sacrifices que leurs parents et leurs frères et soeurs ont dû faire pour les aider à atteindre le but ultime.

Carey Price ne fait pas exception. Et pourtant, son chemin vers les ligues majeures fut plutôt unique. À l’âge de trois ans, Carey et ses parents, Lynda et Jerry, firent 900 km de route pour déménager de Vancouver à Anahim Lake (360 habitants). Peu de temps après, Kayla, la soeur de Carey, voyait le jour et sa mère devenait chef de la nation Ulkatcho. La vie à Anahim Lake était ce qu’il y avait de plus éloigné — tant géographiquement qu’esthétiquement — de Montréal qui soit.

Et pourtant, le rêve de jouer dans la LNH n’était pas insensé. Après tout, le père de Carey était gardien de but. Jerry fut même repêché par les Flyers de Philadelphie, 126e au total, lors du repêchage de la LNH en 1978. Bien qu’il n’ait jamais joué dans la LNH, il savait ce qui était important pour réussir, alors il bâtit une patinoire dans la cour aussitôt que Carey put patiner. « Quand on était enfant, Carey avait décidé de me mettre dans les buts », raconta Kayla lors d’une entrevue pour le Kamloops This Week. « Il envoyait des petits tirs vers moi, mais mon bâton était incliné et la rondelle rebondit sur la lame et me frappa directement sur le nez. » Après avoir arrêté le flux de sang, Carey prit le relais dans les buts pour de bon. Peut-être que les fans des Canadiens devraient être reconnaissants envers Kayla.

Selon tous les récits, Carey était un bon étudiant et il possédait une foule d’habiletés naturelles. Par la suite, il voulut rejoindre une ligue et jouer contre des garçons de son âge. Malheureusement pour le duo père-fils, ce qui se rapprochait le plus du hockey organisé se trouvait à 300 kilomètres. Puis, Jerry posa ce geste presque mythique de pur dévouement parental et acheta un avion Piper à quatre places d’une valeur de 13 000 $ pour amener Carey aux pratiques et aux matchs. Enfin, le brevet de pilote de Jerry allait servir à quelque chose.

Aujourd’hui, Carey et sa femme Angela ont fondé leur propre famille. En mai dernier, le nouveau membre de la famille Price, Liv Anniston, voyait le jour. Il n’y a rien comme la paternité pour mettre les choses en perspective. Et il ne fait aucun doute que Carey, 29 ans, marié et père d'un enfant, au sommet de sa carrière, veut redonner à la communauté.

C’est ainsi que fait son entrée le Club des petits déjeuners, une organisation dont le but premier est de donner accès à une alimentation de qualité aux enfants dans les écoles et les communautés à travers le Canada, y compris à Anahim Lake, C.-B. « Nous avons posé des questions pour savoir comment les familles dans le besoin recevaient de la nourriture dans la région, et on mentionna le Club des petits déjeuners », raconte Angela. « Nous avons à coeur d’aider et d’encourager les jeunes, particulièrement lorsqu’il est question de santé et de ce qui entre dans leur corps. »

Une mauvaise alimentation ne fait pas seulement qu’augmenter les risques d’un enfant de développer une maladie chronique, comme une maladie cardiaque ou un diabète, mais elle augmente également les risques de développer des troubles mentaux, sans oublier l’anxiété et les troubles de concentration à l’école, selon le Club des petits déjeuners. En effet, un déjeuner équilibré est le carburant de l’apprentissage.

Au Canada, un enfant sur cinq risque de démarrer sa journée d’école avec le ventre vide. Dans les communautés aborigènes, le ratio est d’un sur deux. Naturellement, à cause des racines aborigènes de Carey, la cause lui tient encore plus à coeur. « Nous pensions que c’était une bonne occasion d’aider toutes les communautés où nous vivons ou avons vécu », dit-il.

Dans son village natif de Anahim Lake, des progrès considérables ont été réalisés depuis que les Price et le Club des petits déjeuners sont impliqués. « C’est incroyable. Les enfants vont à l’école pour pouvoir manger », explique Carey. « Et d’avoir pu amener les enfants de l’Ouest et leur donner un traitement VIP à Montréal était plutôt spécial », dit-il, en ajoutant que les enfants n’auraient jamais eu l’occasion de voyager, encore moins de voir une partie de hockey professionnel. « Cela démontre aux enfants que tout est possible. »

« Avec Carey et Angela de notre côté, l’impact de notre équipe est plus grand que jamais », explique le président et fondateur du Club des petits déjeuners, Daniel Germain. « Ensemble, nous pourrons mieux faire connaître l’importance de notre travail et rallier toute la communauté. »

Pour en apprendre davantage sur le Club des petits déjeuners et pour savoir comment vous pouvez aider à assurer que les enfants de votre communauté reçoivent un déjeuner équilibré, visitez le www. breakfastclubcanada.org

 

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