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La cueillette urbaine pour les naturalistes et les passionnés de cuisine

Par Robert Beauchamps

Avec des centaines d’espèces d’aliments sauvages sur l’île de Montréal, pourquoi ne pas profiter de cette source alimentaire abondante (et gratuite)? Les humains le font depuis des millénaires. Avec les prix de la nourriture à la hausse et la déconnexion flagrante avec la nature, plusieurs d’entre nous apportent leur liste d’épicerie sur les chemins boisés plutôt qu’au supermarché.

Cueillir sa nourriture gagne en popularité, et ce, grâce aux célèbres passionnés de cuisine et chefs renommés qui participent à des randonnées à la recherche d’une vaste variété d’ingrédients frais, locaux et durables. La cueillette peut s’étendre des champignons, glands et oignons aux fleurs sauvages, baies et bulbes.

Le héros de ce mouvement moderne est René Redzepi, chef cuisinier au restaurant Noma de Copenhague. Connu pour ses aliments sauvages qui complètent des repas 20 services, M. Redzepi a expliqué au magazine Interview qu’à la base, la cueillette vous aide à voir la nature non seulement comme une belle chose, mais aussi comme une ressource délicieuse. « Une fois que vous commencez vraiment à vous y investir et à y passer du temps, vous voulez également en prendre soin. Vous obtenez essentiellement une nouvelle expertise, une nouvelle connaissance qui vous connecte à l’endroit où vous êtes. »

Plus près de la maison, le chef John Winter Russell incorpore la cueillette à sa routine quotidienne à l’intérieur et autour de la Petite Bourgogne. « S’il est possible de cueillir de la nourriture gratuitement en quelques minutes sur le chemin du travail, pourquoi ne pas en profiter? » a-t-il dit lors d’une entrevue avec The Gazette. « Je ne fais pas ça pour prouver quelque chose ou pour exagérer une idée. Je crois vraiment que nous devrions manger ce qui pousse autour de nous. »

Au restaurant Les Jardins Sauvages de Saint-Roch-de-l’Achigan, à moins d’une heure de Montréal, on croit également à la cueillette d’ingrédients frais. Les Montréalais peuvent parcourir leur kiosque au marché Jean-Talon pour obtenir des idées sur ce qu’ils peuvent chercher. De plus, ils offrent des ateliers pour les apprentis cueilleurs. Explorez trois environnements différents et leur soi-disant récolte : champ ouvert, berge et forêt feuillue.

Mieux encore, vous suivez des experts dans leur champ d’expertise, littéralement. Bien sûr, ce ne sont pas toutes les plantes qui sont bonnes pour la consommation humaine, et manger la mauvaise plante (ou la mauvaise partie d’une plante qui serait autrement comestible) peut engendrer des maladies graves et même la mort. Une bonne ressource pour le débutant est le site www.northernbushcraft.com, qui propose une description complète, des photos et les parties comestibles de chaque plante. Par exemple, le bulbe d’une plante peut être totalement comestible, mais les feuilles peuvent causer la diarrhée. Cela dit, peu importe si vous cueillez seul ou entre amis, ne mangez jamais une plante si vous ne pouvez pas l’identifier avec une certitude absolue.

Voici plus de conseils :
Familiarisez-vous avec le nom des plantes en latin, puisque les noms communs ne sont pas constants et qu’il existe des cas où une plante possède le même nom qu’une plante venimeuse. Informez-vous auprès des autorités locales pour savoir s’il existe des règles au sujet de la cueillette sur les terres publiques.

La cueillette combat la faim :
La cueillette peut également venir en aide aux efforts nationaux pour réduire la faim. Des chercheurs de l’Université de Californie expérimentent un programme qui dresse le profil des plantes comestibles dans les quartiers défavorisés. Le but est d’aider les résidents en leur permettant de trouver de la nourriture près de leur maison.

 

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