« Je veux faire une différence dans la vie de femmes. Si une femme a la volonté, je peux l’aider. »

— Lise Watier

Le 13 octobre 2016, le cinquième Gala annuel bénéficiant la Fondation Lise Watier a recueilli 535 000 $. Ces fonds sont essentiels pour sensibiliser le public aux femmes dans le besoin.

La reine de beauté du Québec

Donner est comme recevoir pour Lise Watier

Par Jason Santerre

Peu de quartiers ont senti les effets de la montagne russe économique dans cette province comme le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Malgré un afflux de jeunes professionnels et des signes d’embourgeoisement, « HoMa » demeure un quartier ouvrier au charme décousu d’un outsider. Il est difficile de ne pas applaudir « le petit quartier qui pourrait ». Et il est difficile de ne pas applaudir une de ses résidentes les plus connues.

Malgré les obstacles, Lise Watier, l’enfant unique de parents aimants qui avaient plus de câlins que de dollars à donner, a accompli beaucoup avec peu. En puisant dans une force intérieure et une détermination, des qualités qui se sont avérées précieuses à l’âge adulte, la jeune Lise déjoua les pronostics en devenant une femme d’affaires prospère, saine et judicieuse, une épouse, une mère et une philanthrope.

« Je suis née dans un environnement modeste », raconte madame Watier. « Mais j’avais de grands rêves. Mon grand-père me donnait un dollar chaque fois que j’obtenais la meilleure note dans un examen. J’ai toujours voulu être la meilleure. Très tôt, ma devise était : je vais leur prouver qu’ils ont tort. » « Ils » étant les sceptiques, les voisins et les amis qui croyaient qu’elle devrait accepter son destin. Elle raconte que ses parents croyaient en elle, et que les religieuses qui s’occupaient de son école disaient qu’elle était la meilleure élève. « Malheureusement, comme plusieurs jeunes filles, je manquais de confiance en moi, du moins extérieurement. J’étais très très gênée. Mais à l’intérieur, j’étais pleine d’ambition et je me sentais rassurée. Je sais que ça paraît bizarre, mais il y avait une sorte de contraste complexe en moi. »

« Travailler fort était le plus important. De plus, j’étais dotée d’une excellente mémoire et d’une imagination tombée du ciel. Le tout m’a bien servi en affaires », dit-elle. Et ce n’est pas de l’immodestie, c’est un fait. Madame Watier lança sa propre ligne de cosmétiques en 1972 après avoir passé une partie des années 1960 à donner des conseils de beauté sur une chaîne de télévision locale. Elle géra l’entreprise jusqu’à ce qu’elle et son mari se retirent des opérations quotidiennes en 2013.

Ce dont elle est la plus fière est son bébé, la Fondation Lise Watier, qu’elle créa en 2009. L’organisation à but non lucratif vient en aide aux femmes qui sont dans le besoin ou qui n’ont pas les moyens, mais la détermination pour être autonomes en les aidant à réintégrer le milieu du travail, à fonder une entreprise ou à retourner à l’école.

« C’est le défi qui me nourrit », raconte madame Watier à propos de sa fondation. « Je veux faire une différence dans la vie de femmes qui n’ont pas eu les mêmes privilèges que moi. Il y a une volonté dans chaque personne, une volonté d’avoir un meilleur futur, et ce n’est pas nécessairement une question d’argent. Mais si une femme a la volonté, je peux l’aider. » La fondation assiste pendant un an les femmes éligibles en étudiant leur plan d’affaires et en offrant des conseils et du soutien. « Si nous voyons que ça pourrait fonctionner, nous lui offrons un soutien financier que la banque ne serait peut-être pas disposée à donner. »

Pour madame Watier, l’autonomie est primordiale dans la vie d’une femme. Ne pas avoir à dépendre de personne — un homme, le gouvernement ou quiconque — est synonyme d’indépendance. « C’est la liberté », dit-elle.

Bien sûr, ce ne sont pas toutes les femmes qui veulent se lancer en affaires, et il existe différents niveaux d’ambition. « Et ces niveaux sont aussi variés que la race humaine », explique madame Watier. « Pour certaines femmes, tout ce qu’elles désirent est d’être capable de travailler, de joindre les deux bouts, de prendre soin de leurs enfants et de les envoyer à l’école. »

Lise Watier affirme que la Fondation existe essentiellement pour aider les femmes, mais leurs enfants aussi. Elle croit que lorsque les enfants voient une mère forte et indépendante, ils imitent ces qualités. « Tout ça crée un exemple fort. Et les enfants apprennent par l’exemple », dit-elle.

Parlant d’enfants, madame Watier a confiance en l’avenir. Et bien qu’elle offre uniquement des conseils lorsqu’elle est sollicitée, elle dit que n’importe qu’elle jeune femme qui entre dans le milieu du travail aujourd’hui devrait toujours essayer d’aller plus loin. « Si vous faites des efforts supplémentaires, si vous travaillez plus fort que vos collègues, les gens vont le remarquer, vous vous démarquerez. »

Personne ne pourrait blâmer madame Watier si elle voulait s’arrêter et relaxer. Mais la réalité est qu’elle est incapable d’arrêter. Elle est active, dynamique et belle comme jamais. Alors, quel est le secret du succès pour cette officière de l’Ordre du Canada et de l’Ordre national du Québec?

« J’aimerais pouvoir vous dire que j’aime faire de l’exercice, mais la réalité est que je n’aime pas ça », dit-elle en riant. « Je mange simplement bien et je ne bois pas, à part un verre de vin à l’occasion. Je suis mariée et heureuse depuis plus de 30 ans maintenant. Et j’adore les gens qui me tiennent à coeur, je donne beaucoup d’amour et j’en reçois beaucoup. Ça me fait sentir vivante. Tout ce que vous donnez, vous le recevez. Pour moi, la clé est de donner, de recevoir et d’apprécier. Et j’apprécie toutes les petites choses. »

 

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