Alerte rouge

Si l’on parlait du cancer de la vessie?

Par Jason Santerre

Lorsqu’il est question de cancer, Dale Boidman s’y connaît bien. Non seulement elle a combattu le cancer du sein à deux reprises, mais son mari a aussi dû combattre un cancer invasif de la vessie. Mme Boidman raconte que la détresse de son mari illustre parfaitement une des nombreuses différences entre les sexes : les femmes sont plus ouvertes par rapport aux troubles de santé. Les hommes? Pas vraiment.

« Les hommes parlent rarement de leurs problèmes de santé, et ils détestent parler de tout ce qui se trouve en bas de la ceinture », explique l’ancienne infirmière et directrice actuelle de la branche montréalaise de Cancer de la vessie Canada (CVC). « Pour les hommes, apprendre que c’est correct d’en parler peut seulement aider. Le silence n’aide personne. »

Comme tout cancer, la détection précoce est la clé. Le Dr Wassim Kassouf, urologue-oncologue et chirurgien traitant au Centre universitaire de santé McGill, explique qu’un indicateur courant du cancer de la vessie est le sang dans l’urine. « Si vous voyez du sang, consultez un médecin. N’attendez pas », affirme le Dr Kassouf. « Il pourrait n’y avoir qu’un seul incident, puis une année complète pourrait s’écouler avant que ça se reproduise. Parfois, c’est une combinaison de signes : une sensation de brûlure, la fréquence et l’urgence. »

Environ 75 pour cent des patients atteints du cancer de la vessie présentent une maladie de stade bas. Les autres 25 pour cent présentent un cancer invasif de la vessie, et le taux de mortalité dans les cinq premières années est de 40 pour cent. Selon le CVC, le cancer de la vessie est le cinquième plus courant au Canada et le quatrième chez les hommes.

De plus, en raison d’un taux de récidive de 80 pour cent, le cancer de la vessie est le plus coûteux à traiter pour chaque patient. Et pourtant, le financement de la recherche est inférieur à celui de la majorité des autres cancers. « Le manque de sensibilisation, de soutien aux patients et la baisse des activités de recherche ont limité le progrès de la gestion du cancer de la vessie », explique le Dr Kassouf, un membre fondateur de CVC. Mme Boidman croit que la situation est en train de changer. Premièrement, une marche pour le cancer de la vessie a lieu tous les mois de septembre. La marche annuelle de Montréal a permis d’amasser 75 000 $ en 2016. Autre fait positif, il existe maintenant une nouvelle gamme de médicaments conçue pour cibler le système immunitaire. Ces médicaments furent récemment approuvés aux États-Unis et ils devraient bientôt être sur le marché au Canada, affirme le Dr Kassouf.

Et mieux encore, tout le monde a la capacité de diminuer ses risques de développer un cancer de la vessie en apportant quelques changements mineurs à ses habitudes de vie. « Fumer est le facteur de risque numéro un », explique le Dr Kassouf. « La plupart des substances cancérigènes dans la fumée sont excrétées dans l’urine, qui bien sûr entre en contact avec la vessie. Diminuer sa consommation de cigarette est bien, mais arrêter est encore mieux. »

Pour en savoir davantage sur le cancer de la vessie et la façon dont vous pouvez participer à la sensibilisation et amasser des fonds pour la recherche et le soutien aux patients, visitez le www.bladdercancercanada.org.

 

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