Quel soulagement

Comprendre l'incontinence urinaire chez les femmes

Par P. J. Ellison

Lorsqu’une maladie est liée aux déchets humains, celle-ci peut être difficile à aborder, et par conséquent, à diagnostiquer. « J’avais très honte, je ne pouvais même pas le dire à ma meilleure amie », raconte Sylvie, une femme âgée de 45 ans de Lasalle. « Dans ma tête, je pouvais entendre toutes les blagues de couches. »

Il n’y a aucune raison d’avoir honte de l’incontinence urinaire. Des millions de femmes vivent avec ce trouble au quotidien. Les hommes aussi, bien sûr, mais selon le Réseau canadien pour la santé des femmes, l’incontinence est deux fois plus courante chez les femmes que chez les hommes en raison notamment de la grossesse, de l’accouchement et de la ménopause.

« On me disait que je pouvais m’attendre à de l’incontinence après l’accouchement », explique Martine âgée de 30 ans et mère de trois enfants. « C’est normal. Des muscles pelviens affaiblis et des nerfs endommagés auront cet effet. Après tout, c’est une sorte de traumatisme. Mais après mon troisième enfant, je le voyais tout simplement comme une autre joie de la maternité », raconte Martine en riant.

La plupart des troubles de la vessie disparaissent après les six premières semaines suivant l’accouchement. Mais les infections urinaires ou de la vessie peuvent aussi causer de l'incontinence. Une prise de poids soudaine peut aussi entraîner de l'incontinence urinaire avec toute la pression additionnelle sur la vessie. Des traumatismes sévères ou des maladies comme la sclérose en plaques et le diabète peuvent endommager les nerfs qui, par conséquent, peuvent envoyer des signaux contradictoires à la vessie.

Plusieurs femmes souffrent de troubles de contrôle de la vessie lorsqu’elles atteignent la ménopause. C’est le moment où le corps cesse de produire de l’estrogène, une hormone qui, selon les experts médicaux, aide à conserver la force de l’urètre. Quand l’estrogène diminue, la force de l’urètre diminue aussi.

Il est maintenant temps d’identifier le type d’incontinence. L’incontinence urinaire liée à l’effort correspond à une fuite lorsque quelqu’un éternue, tousse, rit ou soulève un objet lourd. C’est le type le plus courant chez les femmes.

L’incontinence urinaire d’urgence ou « vessie hyperactive » est caractérisée par une forte envie d’uriner. Parfois, cette envie survient dans les minutes suivant une visite aux toilettes. Les femmes souffrant de démence peuvent ressentir de l’incontinence fonctionnelle lorsqu’elles ont de la difficulté à s’exprimer ou qu'elles ne sont pas assez mobiles pour se rendre aux toilettes à temps.

L’incontinence par regorgement est un déversement d’urine causé par une vessie qui ne se vide pas complètement. L’incontinence par regorgement est plus fréquente chez les hommes. Par contre, l’incontinence urinaire transitoire est plutôt fréquente chez les femmes. Les infections de la vessie et la grossesse peuvent engendrer des fuites d’urine sur une courte période.

« Je comprends pourquoi certaines femmes ont du mal à parler de ça avec leur médecin, et encore plus avec leur famille ou leurs amis », explique Sylvie. « Mais croyez-moi quand je vous dis que c’est un soulagement, littéralement. » En effet, des millions de femmes souffrent d’incontinence et plusieurs d’entre elles sont traitées avec succès tous les jours.

Les traitements peuvent être simples ou complexes, mais la clé est de commencer. Votre médecin pourrait proposer de simples changements de comportement, prescrire des traitements médicaux ou une stimulation de nerfs. Le soulagement vient avec le savoir.

 

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