Alimentation et SPM | Diet and PMS

Le syndrome prémenstruel (SPM) fait partie des sujets les plus nébuleux. Malgré sa fréquence, il demeure encore mal compris, surtout lorsqu’il touche l’humeur et la santé mentale.

Cette banalisation s’explique en partie par ce qu’on appelle la médecine bikini, une approche longtemps dominante qui a réduit la santé des femmes à leurs organes reproducteurs, comme si la seule différence avec le corps masculin se limitait à ce que couvre un bikini. Or, on sait aujourd’hui que les hormones féminines ont des fonctions bien au-delà du cycle menstruel. Elles possèdent des récepteurs dans le cerveau et influencent directement l’humeur, le stress, le sommeil et la régulation émotionnelle. La science progresse rapidement et permet enfin de comprendre pourquoi ces symptômes sont bien réels… et modulables, entre autres par l’alimentation.

Ce qui se passe quand on approche 40 ans

Les symptômes du SPM, y compris les sautes d’humeur et la déprime, ont tendance à s’accentuer en périménopause, une période de transition hormonale pouvant durer jusqu’à 10 ans avant l’arrêt des règles. Ces manifestations peuvent apparaître dès la fin de la trentaine et dans la quarantaine. Les fluctuations hormonales deviennent alors plus marquées et, chez plusieurs femmes, rendent la santé mentale plus fragile, souvent dans un contexte de vie déjà très chargé et des ambitions professionnelles élevées.

SPM et le cerveau

En fin de cycle menstruel, durant la phase lutéale, les taux d’œstrogènes et de progestérone chutent rapidement. Cette chute s’accompagne d’une baisse de sérotonine, un neurotransmetteur clé impliqué dans la stabilité émotionnelle, le sommeil et la gestion du stress.

Dans sa forme plus sévère, on parle de trouble dysphorique prémenstruel (TDPM). Il ne s’agit ni d’un manque de volonté ni d’un problème « dans la tête », mais d’une réaction amplifiée du cerveau aux fluctuations hormonales.

Le magnésium: pourquoi en parler?

Parmi les nutriments les plus pertinents lorsqu’on parle des symptômes mentaux du SPM, le magnésium occupe une place centrale. Il agit directement sur le système nerveux et soutient les mécanismes impliqués dans l’anxiété, l’irritabilité, la tension intérieure et le sommeil. Or, durant la phase prémenstruelle, les besoins en magnésium augmen-tent au moment même où l’organisme est plus vulnérable sur le plan émotionnel. Dans les études, on observe très fréquemment des apports insuffisants chez les femmes vivant un blues prémenstruel marqué.

Comment assurer des apports adéquats

Les aliments riches en magnésium incluent les légumes verts feuillus, les légumineuses, les noix et graines, les céréales complètes et le cacao. Répartir ces aliments dans la journée aide non seulement à couvrir les besoins, mais aussi à stabiliser la glycémie, un autre facteur clé dans la gestion de l’humeur prémenstruelle. 

Voici quelques idées simples pour en consommer plus régulièrement :

  • ajouter du cacao au gruau (régulier ou au frigo)

  • saupoudrer des graines de citrouille ou des noix sur une salade

  • ajouter des épinards dans un smoothie, une omelette ou un plat de pâtes

  • intégrer des edamames à ses bols-repas et poke

L’idée n’est pas de tout changer, mais d’additionner de petits gestes jour après jour. Comme pour tout en nutrition, la constance compte davantage que la perfection.

Avant d’envisager une supplémentation, il est recommandé de faire évaluer sa situation par une nutritionniste. Les besoins varient selon l’alimentation, le stress, le sommeil et les symptômes vécus.

Une approche douce et personnalisée

Mieux comprendre ce qui se joue dans le corps permet déjà d’avoir des pistes de solutions pour les manifestations psychologiques du SPM. Non, ce n’est pas « dans votre tête ». Votre cerveau réagit à de réelles variations biologiques de sérotonine et de dopamine.

Comprendre le SPM, c’est aussi se donner le droit d’être à l’écoute de soi. Parce que la santé mentale des femmes mérite autant d’attention que tout le reste. Autour de 40 ans, lorsque les symptômes deviennent envahissants, en parler à un professionnel de la santé demeure une étape essentielle.  

Premenstrual syndrome (PMS) remains one of the most misunderstood aspects of women’s health. Despite how common it is, it’s still poorly understood — especially when it comes to its effects on mood and mental health.

Part of this misunderstanding stems from what has been called “bikini medicine,” a long-standing approach that reduced women’s health to their reproductive organs, as though the only difference between male and female bodies was what a bikini covers. We now know that female hormones do far more than regulate the menstrual cycle. They have receptors throughout the brain and directly influence mood, stress response, sleep, and emotional regulation. As research evolves, we’re finally beginning to understand that PMS symptoms are real — and, most important that they can be supported and eased through nutrition.

What changes around age 40

PMS symptoms — especially mood swings and depressive symptoms — often intensify during perimenopause, the hormonal transition that can last up to 10 years before periods stop completely. This phase can begin in the late 30s and continue through the 40s. During this time, hormonal fluctuations become more pronounced. For many women, this can mean increased emotional sensitivity or vulnerability — often at a stage of life that is already demanding, with busy schedules, career pressures, and significant personal responsibilities.

PMS and the brain

In the final phase of the menstrual cycle, known as the luteal phase, estrogen and progesterone levels drop sharply. This hormonal shift is accompanied by a decline in serotonin, a key neurotransmitter involved in mood stability, sleep quality, and stress regulation.

In more severe cases, symptoms may meet the criteria for premenstrual dysphoric disorder (PMDD). This is not a matter of willpower, nor is it “all in your head.” Rather, it reflects an increased sensitivity in the brain to normal hormonal fluctuations.

Why magnesium matters

When it comes to the emotional and psychological symptoms of PMS, magnesium plays a central role. This essential mineral supports the nervous system and is involved in pathways related to anxiety, irritability, inner tension, and sleep. Interestingly, magnesium needs may increase during the premenstrual phase — precisely when emotional resilience can feel lowest. Research consistently shows that many women experiencing significant PMS symptoms have inadequate magnesium intake.

How to ensure adequate intake

Magnesium-rich foods include leafy greens, legumes, nuts and seeds, whole grains, and cacao. Distributing these foods throughout the day can help meet your body’s needs while also supporting stable blood-sugar levels — another key factor in mood regulation.

Here are a few simple ideas to increase your daily intake:

  • Add cacao to oatmeal or overnight oats

  • Sprinkle pumpkin seeds or nuts on a salad

  • Add spinach to a smoothie, omelet, or pasta

  • Include edamame in Buddha or poke bowls

The goal isn’t a complete dietary overhaul, but steady, consistent additions over time. As in most areas of nutrition, consistency matters more than perfection.

Before starting any supplements, it’s wise to consult a registered dietitian. Magnesium needs vary depending on overall diet, stress levels, sleep patterns, and symptom severity.

A gentle, personalized approach

Simply understanding what’s happening in your body can be empowering. PMS-related mood changes are not imaginary. Your brain is responding to real biological shifts in serotonin, dopamine, and other neurochemicals.

Recognizing this opens the door to greater self-compassion and informed support. Women’s mental health deserves careful attention — especially around age 40, when symptoms can become more intense. If PMS symptoms begin to interfere with daily life, speaking with a qualified healthcare professional is an important and proactive step.  

Vanessa Daigle

Fondatrice des cliniques de nutrition virtuelles VDnutrition, nutritionniste, conférencière et auteure, Vanessa Daigle est une professionnelle passionnée et curieuse animée par le désir de mieux comprendre le corps humain. Sa mission est de faire réaliser au plus grand nombre que manger sainement peut ⎯ et doit ⎯ être agréable, accessible et surtout savoureux.

Founder of VDnutrition virtual nutrition clinics, nutritionist, speaker, and author, Vanessa Daigle is a passionate and curious professional driven by a desire to better understand the human body. Her mission is to show as many people as possible that healthy eating can — and should — be enjoyable, accessible, and above all, delicious.

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