Mikaël Kingsbury

PHOTO: BERNARD BRAULT

Le roi des bosses relève un nouveau défi : ambassadeur de La Fondation du Children

Pendant plus d’une décennie, la vie de Mikaël Kingsbury a été entièrement consacrée à la quête de la perfection. Il y avait des montagnes à gravir, des sauts à réussir, des médailles à remporter et des records à battre. Au fil des années, Mikaël est devenu le skieur acrobatique le plus titré de l’histoire, remportant cinq médailles olympiques, dont deux d’or, neuf titres de champion du monde et le nombre impressionnant de 100 podiums en Coupe du monde.

Puis, en août 2024, une autre priorité s’est imposée. Mikaël est devenu père pour la première fois avec la naissance de son fils, Henrik. Et si la paternité n’a pas modifié sa définition de la réussite, il affirme qu’elle a changé sa façon d’aborder presque tout le reste.

« Devenir père a sans aucun doute apporté un équilibre dans ma vie, explique-t-il. J’ai eu la chance de pouvoir emmener mon fils partout dans le monde avec moi pour participer à différentes compétitions. Sur les pistes, je n’étais pas plus motivé, mais peut-être plus concentré, moins en mode “pilote automatique” quand je skiais, et moins dur avec moi-même. »

Une nouvelle orientation

Mikaël explique qu’avant de devenir père, il rentrait à l’hôtel et ne pensait à rien d’autre qu’à la course à venir, simplement pour « essayer d’empêcher le hamster de tourner en rond dans ma tête ». Aujourd’hui, son objectif est d’être le meilleur père possible pour Henrik. « Être papa m’a beaucoup aidé : ça me permet simplement de me réveiller le matin, de retourner au travail et de profiter de la montagne. »

Il a continué à concourir au plus haut niveau. Il a continué à remporter des victoires et à repousser les limites du possible avec ses skis. Mais une fois que l’entraînement de la journée était terminé, son attention n’était plus entièrement tournée vers la prochaine descente. Il devait désormais penser à son jeune fils.

C’est avec cette vision que Mikaël s’est rendu à ses quatrièmes et derniers Jeux olympiques, à Milan-Cortina en 2026. Il y est arrivé avec un palmarès qui semblait déjà impossible à enrichir : une médaille d’argent aux Jeux de Sotchi en 2014, une médaille d’or à Pyeongchang en 2018 et une autre médaille d’argent à Pékin en 2022.

Le roi du monde

En janvier 2026, Mikaël était devenu le premier skieur acrobatique masculin à atteindre les 100 podiums en Coupe du monde, franchissant cette étape symbolique sur ses terres, à Val Saint-Côme, au Québec. À son arrivée à Milan-Cortina, il totalisait 143 podiums en Coupe du monde et 29 Globes de cristal.

Il a ensuite remporté deux autres médailles olympiques : l’argent en bosses chez les hommes et, une nouvelle fois, il est entré dans l’histoire en décrochant l’or lors de la toute première épreuve olympique de bosses en parallèle. Il est ainsi devenu le premier skieur acrobatique masculin à remporter cinq médailles olympiques (dont deux d’or) et a été l’un des porte-drapeaux du Canada lors de la cérémonie d’ouverture.

Peu après la compétition de Milan-Cortina, Mikaël a annoncé qu’il mettait un terme à sa carrière de skieur de compétition. Sa dernière compétition s’est déroulée au Sommet Saint-Sauveur, la station où il avait fait ses premiers pas en ski acrobatique plus de 20 ans auparavant. 

Il a remporté les titres nationaux en bosses et en bosses en parallèle, mettant un terme à sa carrière de compétiteur sur les mêmes pistes où elle avait débuté. Hollywood n’aurait pas pu imaginer une meilleure fin. « J’ai le sentiment d’avoir apporté ma contribution à ce sport, que j’aime toujours autant, et je continuerai à skier beaucoup, déclare-t-il. Mais pour l’instant, passer plus de temps avec ma famille est ce qui compte le plus pour moi. »

Une nouvelle couronne

Aujourd’hui, cette famille s’est en quelque sorte agrandie. Au printemps dernier, Mikaël a été nommé ambassadeur de la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants, mettant ainsi à disposition son nom, son temps et son extraordinaire capacité à inspirer les autres. En tant que jeune papa, cette décision s’est imposée comme une évidence.

« Je sais que la santé de mon fils, comme celle de n’importe quel enfant, est extrêmement importante, dit-il. Pour avoir assisté à la naissance de mon fils et écouté les témoignages d’autres parents, je comprends à quel point la santé d’un enfant est précieuse. »

Originaire de Deux-Montagnes, Mikaël vit aujourd’hui à Saint-Joseph-du-Lac avec sa compagne, Laurence, et leur jeune fils, Henrik. Mikaël est profondément enraciné dans la province. En tant qu’ambassadeur de la Fondation, il aura l’occasion d’en découvrir la majeure partie.

L’objectif est de participer à diverses campagnes et évènements, de rendre visite aux patients et de contribuer à sensibiliser le public aux besoins des enfants pris en charge à l’Hôpital de Montréal pour enfants. Cet établissement accueille des familles provenant des deux tiers du territoire québécois. 

Des moments en or

Mikaël a déjà eu un aperçu de ce que ce rôle peut représenter. Lors d’une récente visite à l’hôpital, il a emporté avec lui un objet qui l’a accompagné dans certains des moments les plus marquants de sa vie : une médaille d’or olympique.

« C’était vraiment un moment spécial de voir les enfants toucher ma médaille d’or et le sourire qui illuminait leur visage, raconte-t-il. J’espère pouvoir les aider à rester positifs, à guérir plus vite et à retrouver une vie normale. » Pour quelqu’un qui a passé des années à mesurer son succès en matière de podiums, la nouvelle définition de la réussite de Mikaël est simple : « Si je parviens à motiver et à inspirer ne serait-ce qu’un seul enfant, j’aurai le sentiment d’avoir accompli ma mission. »

C’est une philosophie ancrée dans les mêmes valeurs qui ont guidé Mikaël tout au long de sa carrière sportive. Il a commencé le ski à l’âge de quatre ans seulement, puis a rejoint un club de ski acrobatique au Mont Saint-Sauveur à huit ans. À dix ans, il a accroché les anneaux olympiques au-dessus de son lit et a écrit les mots « Je vais gagner ». Il a ensuite remporté sa première épreuve de Coupe du monde à 18 ans et est devenu le plus jeune skieur de bosses à remporter le titre de champion du monde toutes catégories confondues.

Un héritage légendaire

Lorsqu’on lui demande ce qu’il espère qu’Henrik retiendra de ses années de compétition au plus haut niveau, Mikaël ne parle pas de victoire. Il ne parle pas de la pression de suivre ses traces, pour ainsi dire. Il parle de s’amuser.

« J’ai toujours été un enfant passionné, dit-il. Je pense que quand on est passionné, on s’amuse. Et quand on s’amuse, ça ne nous dérange pas de travailler plus fort que les autres. Et ça veut dire qu’on a confiance en soi. Si on a tout ça et qu’on s’entoure de gens formidables, de bons amis et d’une bonne équipe, on réussira. »

Mikaël avait déjà tiré de nombreuses leçons bien avant de monter sur le podium olympique. Enfant, il admirait beaucoup son frère aîné, avec lequel il pratiquait de nombreux sports. Étant le plus jeune et le plus petit des deux, il lui arrivait rarement de battre son frère dans quoi que ce soit, mais cela lui a appris la stratégie, l’éthique du travail et une certaine ingéniosité lorsqu’il s’agit de gagner.

L’importance de l’échec

Ces leçons l’ont accompagné tout au long de sa carrière, comme celle qui lui a appris que l’échec a son importance. Avec le recul, Mikaël affirme qu’il ne changerait pas grand-chose à son parcours, y compris les revers. Les échecs et les moments difficiles, dit-il, l’ont aidé à grandir non seulement en tant qu’athlète, mais aussi en tant que personne.

Et c’est peut-être là que l’athlète et l’ambassadeur se rejoignent. Mikaël sait ce que signifie se battre pour atteindre un objectif qui semble hors de portée. Il comprend l’importance de la résilience et du fait d’être entouré de personnes bienveillantes. Et il sait très bien que, parfois, pour aller de l’avant, il faut savoir faire un pas en arrière et apprendre de ses erreurs. Il peut désormais partager ces enseignements avec les enfants et les familles qui font face à des défis bien éloignés des pistes de ski.

Sa carrière s’est peut-être achevée avec une dernière course à Saint-Sauveur, mais Mikaël est loin de tourner le dos à ce qui compte vraiment pour lui. Après avoir passé des années à courir après la prochaine médaille, le prochain record, le « King » s’est trouvé un nouvel objectif : aider quelqu’un d’autre à se remettre sur pied, à repartir à l’assaut de sa propre montagne.  

The king of moguls takes on a new challenge: Ambassador for The Children’s Foundation

For more than a decade, Mikaël Kingsbury’s life revolved around the pursuit of perfection. There were mountains to climb, jumps to land, medals to win and records to break. Along the way, Kingsbury became the most decorated freestyle skier in history, winning five Olympic medals, including two gold, nine World Championship titles and an astonishing 100 World Cup podiums.

And then one day in August of 2024, another pursuit took precedence. Kingsbury became a father for the first time when his son, Henrik, was born. And while fatherhood didn’t change Kingsbury’s definition of success, he says it did change the way he approached almost everything else.

“Fatherhood definitely brought balance to my life,” he says. “I was fortunate to be able to bring my son all around the world with me to various competitions. On the mountain, I wasn’t more motivated per se, but maybe more focused, less on cruise control when I was skiing, and less hard on myself.”

A new focus

Kingsbury says that before fatherhood, he would go back to the hotel and focus on nothing but the race at hand just “trying to get the hamster from spinning in my head.” Now the focus is being the best father he can be for Henrik. “Being a dad helped me a lot, to just wake up in the morning, go back to work, and enjoy being on the mountain.”

He continued to compete at the highest level. He continued to win and to push the limits of what was possible on skis. But when the day’s training was over, his attention was no longer consumed by the next run. He now had a young son to consider.

That perspective accompanied Kingsbury to his fourth and final Olympic Games in Milano-Cortina in 2026. He arrived with a résumé that already seemed impossible to add to: Olympic silver at Sochi in 2014, gold at PyeongChang in 2018, and another silver at Beijing in 2022. 

King of the world

In January 2026, Kingsbury had become the first male freestyle skier to reach 100 World Cup podiums, earning the milestone on home snow at Val St-Côme, Quebec. By the time he reached Milano-Cortina, he had accumulated 143 World Cup podiums and 29 Crystal Globes. 

And then he added two more Olympic medals, winning silver in men’s moguls and making history again by winning gold in the inaugural Olympic dual moguls competition. He became the first male freestyle skier to win five Olympic medals (including two gold) and was one of Canada’s flag bearers at the Opening Ceremony.

Shortly after Milano-Cortina, Kingsbury announced his retirement from competitive skiing. His final competition came at Sommet Saint-Sauveur, the mountain where he had first learned freestyle skiing more than 20 years earlier. 

He won both the moguls and dual moguls national titles, finishing his competitive career on the same slopes where it began. Hollywood couldn’t have scripted a better final scene. “I felt I gave my part to the sport, and I still love it, and I’ll still keep skiing a lot,” he says. “But right now, getting more family time is most important to me.”

A new crown

Today, that family has grown, in a sense. Just this past spring, Kingsbury was named ambassador for the Montreal Children’s Hospital Foundation, lending his name, his time and his remarkable ability to inspire. As a new father, the decision was an easy one.

“I know the health of my son, like that of any child, is so important,” he says. “Being there for the birth of my son and hearing stories from other parents, I understand how the health of a child is so precious.”

A native of Deux-Montagnes, Kingsbury now lives in Saint-Joseph-du-Lac with his partner, Laurence, and young Henrik. Kingsbury has deep roots in the province. As Foundation ambassador, he’ll get a chance to see most of it.  

The goal is to participate in various campaigns and events, visit patients, and help raise awareness of the needs of children treated at the Montreal Children’s Hospital. The hospital serves families across two-thirds of Quebec’s territory. 

Golden moments

Kingsbury has already had a glimpse of what the role can mean. During a recent visit to the hospital, he brought along something that has accompanied him through some of the biggest moments of his life: an Olympic gold medal. 

“It was just special to see the kids touching my gold medal and the smile it brought to their faces,” he says. “Hopefully, I can help motivate them to think positive, heal faster, and get back to a normal life.” For someone who spent years measuring success in podium finishes, Kingsbury’s new definition of achievement is simple: “If I’m able to motivate and inspire a child, just one, I’ll feel like I’ve done my job.”

It’s a philosophy rooted in the same values that carried Kingsbury through his athletic career. He started skiing at just four years old, joining a freestyle club at Mont Saint-Sauveur when he was eight. At 10, he put the Olympic rings above his bed and wrote the words, “I will win.” He went on to win his first World Cup event at 18 and became the youngest male moguls skier to win the overall World Cup title.

Legendary legacy

When asked what he hopes Henrik will learn from his years competing at the highest level, Kingsbury doesn’t talk about winning. He doesn’t talk about the pressure to follow in his ski boots, so to speak. He talks about having fun. 

“I was always a passionate kid,” he says. “I think if you have the passion, you’re having fun. And when it’s fun, you’re fine with working harder than everyone else. And that means you’re confident. If you have all that and you surround yourself with great people, good friends, and a good team, you’ll have success.” 

Kingsbury learned many lessons long before the Olympic podium. As a kid, he always looked up to his older brother with whom he played many sports. Being the younger, smaller sibling meant that beating his brother — at anything — rarely happened, but it taught him strategy, work ethic, and a kind of inventiveness when it came to winning.

Failure matters

Those lessons stayed with him throughout his career, like the lesson that failure matters. Looking back, Kingsbury says he would not change much about his career, including the setbacks. The failures and difficult moments, he says, helped him grow not just as an athlete but as a person.

And perhaps that’s where the athlete and the ambassador meet. Kingsbury knows what it means to work toward something that seems out of reach. He understands the importance of resilience and being surrounded by good people. And he certainly knows that sometimes the road ahead involves taking a step back and learning from missteps. Now he can share those lessons with the children and families facing challenges far removed from a ski hill.

His career may have ended with one final race at Saint-Sauveur, but Kingsbury is hardly stepping away from the things that matter to him. After years spent chasing the next medal, the next record, the “King” has found a new finish line: helping someone else get back on their feet, get back to conquering their own mountain.  

Jason Santerre

Adepte de plein air, de la musique métal et de la sauce piquante, Jason demeure un collaborateur régulier du magazine Montréal enSanté après avoir passé sept ans en tant que rédacteur en chef.

A fan of the great outdoors, metal music, and hot sauce, Jason remains a regular contributor to Montréal enSanté Magazine after spending seven years at its helm as editor-in-chief.

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